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Salon du dessin 2014 : le dessin comme médium originel

Salon du dessin 2014 : le dessin comme médium originel

28 mars 2014 | PAR Marie Boscher

La 23ème édition du Salon du dessin ouvre ses portes ce week-end au Palais Brongniart. Les galeries exposantes réunissent des pièces réalisées par des maîtres anciens ou contemporains, renommés ou méconnus, pour le régal des amateurs d’esquisses. C’est l’occasion de découvrir le dessin comme base à travers les œuvres d’artistes que l’on n’attend pas toujours dans ce médium.

Cette année le salon du dessin a un nouveau président, Louis de Bayser, qui a réalisé ses premières armes en tant que marchand d’art au salon. Nommé le 20 novembre dernier, il entend bien perpétuer l’esprit fraternel de l’événement, instigué par l’ancien président Hervé Aaron. Chaque année, de plus en plus d’exposants et de visiteurs se rendent au Palais de la Bourse pour admirer des pièces rares ou découvrir des artistes contemporains.

Les coups de cœur

Pour la 23ème édition, ce sont 39 galeries qui exposent plus de 1000 dessins. Voici ceux qui ont retenu notre attention.

La galerie Bellinger-Colnaghi expose un portrait d’Elisabeth-Julie-Perrette Lyonnard Bergeret, réalisé par Jean-Honoré Fragonnard à la pierre noire et à la sanguine. Une réalisation qui donne un sentiment de simplicité et d’intimité avec le célèbre peintre de La Liseuse.

En matière d’avant-garde picturale, il faut remarquer la Galerie Zlotowski qui rassemble des collages et nus de Louise Bourgeois, des peintures de Le Corbusier ou encore de Jean Dubuffet, de Serge Poliakoff, de Fernand Léger… Une collection conséquente pour une galerie qui compte parmi ses prestigieux clients le Musée National d’Art moderne.

Chez Arturo et Corinne Cuéllar, on découvre un portrait de George Sand réalisé par Eugène Delacroix ainsi que des paysages réalisés par l’écrivain.

Le salon a également souhaité mettre l’architecture à l’honneur cette année. Quoi de plus logique dans un lieu aussi magistral que le Palais Brongniart ! A ce titre, les paysages portuaires de Paul Signac sont à admirer auprès de la Galerie de la Présidence, les croquis de Jean-Honoré Fragonnard chez Didier Aaron & Cie ou encore les études architecturales de George Segal à la galerie Ditesheim & Maffei.

Sur le stand de la galerie Karsten Greve, vous pourrez découvrir de jeunes artistes en devenir comme Gideon Rubin qui réalise des peintures sur des coupures de journaux écrits en hébreu.

Trois nouvelles galeries rejoignent cette année la liste d’exposants. Nathalie Motte Masselink, jeune collectionneuse de dessins anciens, apporte entre autres une sanguine de Le Brun, Femme en vol avec les bras levés. Mathieu Néouze s’intéresse lui à des mouvements en marge de l’avant-garde XIXème-XXème, notamment le symbolisme et le réalisme. Enfin David Tunick, spécialiste des œuvres sur papier, arrive tout droit de New York avec une sanguine de Nicolas de Plattemontagne.

Vincent Lécuyer est de retour cette année au Salon avec une Élégante aux gants de Georges Lepape et quelques croquis d’automobiles réalisés par Jean Pagès, entre autres œuvres de grands illustrateurs ayant marqué la première moitié du XXème siècle.

L’invité d’honneur : le musée des Beaux-Arts de Nancy

Le musée des Beaux-Arts de Nancy propose un parcours au cœur des courants artistiques du XIVe siècle à nos jours. Accueilli cette année par le Salon, il présente les œuvres de la donation Thuillier qui ont considérablement enrichi les collections. Les deux frères, Jacques et Guy, ont ainsi légué à l’institution des esquisses, des paysages, des études, des projets d’architecture dont un dessin d’Eugène Viollet-Le-Duc.

Le prix de la fondation Daniel & Florence Guerlain

Comme à chaque édition depuis 2010, la fondation Daniel & Florence Guerlain remet au Salon du dessin un prix de dessin contemporain. Réservé aux artistes ayant une relation particulière avec les France, les deux collectionneurs passionnés sélectionnent trois artistes auprès des galeries ou d’ateliers. Les trois artistes sélectionnés cette année sont: Martin Assig (Allemagne), Matt Bryans (Royaume-Uni) et Tomasz Kowalski (Pologne).

Martin Assig réalise des oeuvres toujours investies de questions génériques sur la vie, la mort, l’humain et son lien avec l’univers. Il relie le corps aux architectures qui l’entourent et travaillent les pigments en les mélangeant à de la cire pour leur conférer une luminosité toute particulière. Prenant le papier journal comme support, Matt Bryans travaille l’effacement en y couchant des apparitions fantomatiques. S’interrogeant sur l’urbanisme, il réalise également des paysages. Le lauréat du prix 2014 est Tomasz Kowalski. L’artiste polonais s’approche d’un nouveau surréalisme en proposant des scènes qui racontent des histoires vertigineuses et instables.

Visuels : Fausto Melotti, Sans titre, 1960 (Tempera et pastel sur papier, 698 x 999 mm). Courtesy Galerie Karsten Greve Paris, Köln, St. Moritz

Ernst Nepo, La Voile blanche, vers 1940 (Huile sur carton, 255 x 280 mm). Courtesy Galerie Vincent Lécuyer, Paris.

Tomasz Kowalski, Untitled, 2012 (Technique mixte sur papier, 42 x 30 cm) © André Morin. Courtesy Galerie Carlier Gebauer, Berlin. Collection Florence et Daniel Guerlain

Giovanni Battista Tiepolo, Étude de tête d’un Oriental (Plume à l’encre brune, 235 x 184 mm). Courtesy Galerie Brady&Co, New York.

Antoine Lebel, Jeune homme au chapeau (Fusain, sanguine et craie blanche, 515 x 420 mm). Courtesy Galerie Talabardon & Gautier, Paris.

Infos pratiques

La Machine du Moulin Rouge
Centre de Rencontre Château du Pont d’Oye
Smaranda Olcese

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