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22ème édition du Salon du dessin au Palais de la Bourse

22ème édition du Salon du dessin au Palais de la Bourse

11 avril 2013 | PAR Smaranda Olcese

Les amoureux du crayon, du fusain, de la sanguine, de l’encre, du lavis, de la gouache, de l’aquarelle, du pastel, du feutre et pourquoi pas du stylo Bic, sans oublier les collages et le dessin mural, se donnent rendez-vous au Palais de la Bourse pour la 22e édition du Salon du dessin.

A la vingtaine de marchands venus de l’Hexagone s’ajoutent 19 galeries établies à l’étranger qui font le sel et le poivre du Salon, en présentant des œuvres moins attendues, et parfois des pièces rares.

hefunaSi plus de 40% des visiteurs manifestent un vif intérêt pour le dessin ancien, le dessin contemporain est brillamment représenté. Ce n’est pas un hasard si Daniel et Florence Guerlain, grands amateurs, qui ont fait don, en 2012, de 1200 pièces de leur collection au Musée d’art moderne — une exposition est d’ailleurs prévue pour mi-octobre — ont choisit ce cadre pour décerner leur prix. Le stand de la Fondation accueille les œuvres des trois finalistes. Ulla von Brandenbourg y présente des aquarelles délicates toutes en dégradés évanescents, portraits fantômes qui rappellent les photographies d’auras révélant une couleur en fonction de la personnalité de chacun. Les grands formats de Hans Op de Beeck, dont l’emploi très fin du noir et blanc est magnifié par le travail sur la lumière, exhalent une inquiétante atmosphère nocturne et silencieuse. Enfin Susan Hefuna y expose des dessins aux géométries mouvantes, rizomatiques, structures de points et lignes dansantes qui respirent une grande spontanéité. De la broderie transperce parfois la double couche de calque. L’artiste défend une nécessaire perte de contrôle. Son travail très intuitif se construit sur une prise en compte aigüe de l’espace corporel, qui n’est pas sans rappeler L’Homme qui marche de Giacometti. C’est elle qui emportera le prix de dessin 2013 de la fondation.

ding_yiToujours en matière de dessin contemporain, il faut remarquer l’excellent stand de la galerie toscane Continua, à sa première participation au Salon, avec Matrix I, travail au carbone, caséine et Tippex, signé en 2008 par Antony Gromley ou encore les  installations fragiles de Carlos Garaicoa, de la série Polvo, 2012. A la galerie de France, Martial Raysse côtoie Julien Sarmento et Tracy Emin. Chez Karsten-Greve nous sommes sous le charme des dessins délicats et minutieux de Claire Morgan, qui accompagnent, ses installations suspendues – When You Wish, Try Again. Fall Again. Fail Better, The Beauty and the Beast…— ou encore des motifs serrés, obsessionnels de Ding Yi, alors que Cy Twombly et Louise Bourgeois se partagent la vedette.

Le dessin moderne triomphe chez Guillermo de Osma, qui présente sur son stand un Couple de l’architecte Le Corbusier, des Picasso – Taureau attaquant un cheval, 1921 et Deux femmes nues, 1966. On y trouve également une encre et aquarelle sur papier d’Andy Warhol, Double portrait with Chalice, 1954. Chez Jacques de la Béraudière, on peut admirer Juan Gris, L’homme au café, 1912 ou encore une encre très vive sur papier, Chevalier de la Mort de Salvador Dali, 1934. La galerie Zlotowski présente un très beau Paysage aux nuages tachetés, 1955 de Jean Dubuffet, ainsi que des Klee et Miro. La galerie Applicat-Prazan fait le choix d’un solo show de Maurice Estève, avec des collages, techniques mixtes, fusain et crayon gras.

Le Salon du dessin est également une parfaite occasion pour faire découvrir au public des collections inédites et difficiles d’accès, ainsi en 2010 la collection d’Alain Delon. Après le musée des Beaux-Arts de Rouen en 2011 et le musée du Mont-de-Piété de Bergues en 2012, c’est le musée Bonnat-Helleu de Bayonne qui est à l’honneur en 2013. Son cabinet de dessin a acquis une renommée internationale, riche de 3500 œuvres parmi lesquelles Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Dürer, Holbein, Rubens, Rembrandt, Poussin, Ingres. C’est le fonds Helleu, du nom du portraitiste acéré, archétype de l’artiste mondain, qui s’expose pour cette édition : études de mains, de nus, de visages, exécutées en pointe sèche, selon la technique des trois crayons, empruntée à Watteau, ou encore au pastel.

parmigianonoLe dessin ancien jubile une fois de plus au Palais de la Bourse. Des œuvres de l’école vénitienne ou encore les démons de Vicenzo Camuccini, vers 1771, prolifèrent sur le stand de la galerie Antonacci & Lapiccinella. Chez Didier Aaron & Cie, on peut admirer une magnifique gouache sur vélin exécutée par Johann Wilhelm Baur vers 1635, Le Christ présenté devant Pilate. La galerie Colnaghi- Bellinger est fière d’un rarissime Vasari, côté à 200 000€. Dans l’écrin de Pandora Old Masters, parmi d’autres maitres anciens, Ciro Ferri L’doration des Bergers, 1674 (pierre noire), Girolamo Francesco Maria Mazzola, dit Il Parmigianino, Etude de Faucon, 1521, attirent notre attention. Une pièce exquise de la première Renaissance florentine, Etude pour un arbre de Baccio della Porta dit Fra Bartolomeo ainsi que le regard électrisant d’un Boy Praying de l’Ecole flamande (vers 1580) nous aimantent sur le stand de la galerie Day & Faber.

Au terme de notre visite, Le Soleil, resplendissante carte de Tarot, précieuse peinture et dorure sur parchemin, appartenant à l’école lombarde, vers 1450 – 1500, nous sourit chez Haboldt & Co.

visuels :

Susan Hefuna, Building, 2009

Ding Yi, Appearance of Crosses #005, 2012

Girolamo Francesco Maria Mazzola, dit Il Parmigianino, Etude de faucon

Infos pratiques

La Machine du Moulin Rouge
Centre de Rencontre Château du Pont d’Oye
Smaranda Olcese

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