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Une deuxième édition prometteuse pour la biennale des photographes du monde arabe contemporain

Une deuxième édition prometteuse pour la biennale des photographes du monde arabe contemporain

11 septembre 2017 | PAR La Rédaction

L’été touche à sa fin et avec elle souffle un air méditerranéen qui amorce une rentrée en douceur. Un peu moins de deux ans après sa création, la biennale des photographes du monde arabe contemporain est de retour pour une deuxième édition, plus courte (13 septembre – 12 novembre) mais tout aussi prometteuse.

Pour la découvrir rendez-vous à l’Institut du Monde Arabe et à la Maison Européenne de la Photographie, les grands initiateurs du projet, qui l’accueillent à nouveau entre leurs murs. De l’un à l’autre, l’événement se déploie également dans différents lieux du Marais : la mairie du IVième arrondissement, la Cité des Arts, la galerie Photo 12 et la galerie Binôme répondent toujours présent tandis que la galerie Thierry Marlat et la galerie Clémentine de la Feronnière rejoignent l’aventure. Au total huit lieux parisiens entièrement consacrés pour l’occasion à la photographie arabe contemporaine et une cinquantaine d’artistes exposés ; Le tout orchestré par le commissaire d’exposition Gabriel Bauret avec l’appui des curateurs Olfa Feki et Bruno Boudjelal.

Si l’édition précédente proposait une première approche du sujet sous la forme d’un panorama couvrant toutes les régions du monde arabe avec le souci de n’en négliger aucune, il s’agit cette fois-ci de réaliser une exploration plus approfondie. Ainsi la Tunisie et l’Algérie sont à l’honneur grâce à une programmation qui leur est principalement dédiée et plusieurs talents émergents témoignent de l’élan créatif qui agite ces pays du Maghreb. Parmi eux, Ramzy Bensaadi participe de la « nouvelle photographie algérienne » : A 33 ans il mêle les techniques du reportage et de la photographie de rue afin de capturer les scènes simples, absurdes, et toujours poétiques qui émanent des festivités populaires.

La photographie de rue Karim El Hayawan la pratique aussi. Il est la preuve – si il y en avait besoin d’une – que ce « focus » Tunisie-Algérie n’a pas altéré l’idée de départ qui est restée la même: croiser les regards des d’artistes originaires des pays arabes en dialogue avec des travaux de photographes occidentaux – qui y résident ou non – afin que les points de vue proposés soient riches et diversifiés. En parallèle donc, le Liban et le Maroc ne sont pas en reste ; L’Egypte – pays d’origine de Karim El Hayawan – non plus . C’est d’ailleurs au Caire que ce dernier a choisi d’organiser les « Cairo Saturday Morning Walks » qui rassemblent chaque semaine des centaines de photographes professionnels et amateurs, autant d’emblèmes d’une génération émancipée.

Autre figure de ce multiculturalisme, l’artiste Tasneem Alsutan est quant à elle née aux Etats-Unis et vit à présent en Arabie saoudite. Mariée à 17 ans et divorcée deux fois depuis, elle crée Saudi Tales of Love (Contes d’Amour Saoudiens) une série inspirée de son histoire personnelle qui questionne la notion taboue de mariage arrangé et de divorce au sein de la société saoudienne.

Une démarche engagée qui n’est pas sans rappeler celle de la photographe Leila Alaoui à qui cette deuxième biennale adresse un touchant hommage. Sa mort lors d’un attentat terroriste au Mali en janvier 2016 – alors que ses œuvres étaient exposées dans le cadre de la première Biennale – rappelle la nécessité de sortir des clichés sur le monde arabes pour en comprendre les réalités. Gabriel Baudet de conclure à ce propos« Les œuvres figurant dans le cadre de cette Biennale offrent une vision poétique, en comparaison avec l’atmosphère tumultueuse qui règne aujourd’hui au sein du monde arabe, faite de conflits et d’inégalités, de violences, de migrations … ». Si le bouleversement est bel et bien là, il est aussi artistique et créatif, une approche humaniste à l’image de l’événement.

Plus d’informations sur http://biennalephotomondearabe.com/
Pour approfondir : conférence Etre une femme photographe dans le monde arabe le 21 septembre à l’IMA.

Claire Priou

Visuel :

Ramzy Bensaadi, Célébrations rurales en Algérie, 2014

Karim El Hayawan, Cancan, 2017

Tasneem Alsultan, Saudi Tales of Love – Série Saudi Tales of Love

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La Rédaction

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