Expos

La Thébaïde Multimédia de Benoît Maire vous surprendra au CAPC de Bordeaux

La Thébaïde Multimédia de Benoît Maire vous surprendra au CAPC de Bordeaux

15 mars 2018 | PAR Yaël Hirsch

Jussqu’au 2 septembre 2018, le CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux donne carte blanche à un artiste local, natif de Pessac. Benoît Maire s’est inspiré de la fameuse énigme du sphinx de  Thèbes pour proposer un parcours mystérieux autour du même et du différend.

[rating=3]

Au rez-de-chaussée du CAPC, protégé par les épais murs de cet ancien entrepôt du commerce triangulaire encore molletonnés de blanc, l’on entre dans l’univers mystérieux et multimédia de Benoît Maire. Né à Pessac en 1978, l’artiste travaille depuis 2008 à une esthétique des différends. Référence à la cité grecque du sphinx (qu’on trouve reproduit plusieurs fois en sculpture organique) Thèbes regroupe 80 œuvres qui ont l’air d’autant de ruines baignées dans un bruit de balle de tennis.

On entre dans cette cité étrange par deux côtés, un peu comme on dessine une raie au milieu du crâne pour répartir ses cheveux. Il y a des toiles (notamment des « nuages indexés » presque bruts), des caissons lumineux, des photos (dont Sartre à Cuba par Alberto Korda) et des pages de journaux. Sous verre ou à l’air libre, les installations sont à tous les niveaux où se porte le regard, des pieds à la tête. L’accrochage décentre en permanence le regard et il y a néanmoins une certaine harmonie …Miracle ?

Un buste de Socrate en faux onyx côtoie un casque scoop sur en bronze, du papier et des bouteilles en plastique, un coquillage en forme de nez de Pinocchio résonne avec un clavier de Mac monté en « château » sur du laiton. Des chaises et des tables en bois très design sont disposées au cœur des salles, comme pour nous inviter à nous appesantir sur le mystère de la concordance des sens. Et au fond de la deuxième partie, on a même un cycle de trois vidéos un peu dadas où le héros épluche un œuf sur un rooftop vide au son de Bach ou bien joue les entretiens formels avec son patron.

Tout n’est pas de Benoît Maire, d’ailleurs, dans ce fatras d’exogènes qui trouvent un semblant de cohésion dans l’unité placide de l’espace et la convergence des couches d’inspiration et de temps. Un différend bien loin de celui de Derrida, sans « a » ouvert à vif (pas le Différand) qui permet de suturer un peu la plaie béante du mystère du sujet  qui créé après sa propre mort.

visuels : YH

Infos pratiques

Centre National Jean Moulin
Petites formes mouvantes et émouvantes
capc_musee_dart_contemporain

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *