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Robert Mapplethorpe : Entre ombre et lumière

Robert Mapplethorpe : Entre ombre et lumière

06 janvier 2014 | PAR Dorothee Chiara

Héros du livre de Patti Smith, véritable acteur du New York des 70’s et du Greenwich Village de Warhol, le photographe Robert Mapplethorpe revient sur le devant de la scène à travers diverses rétrospectives. En 42 ans à peine, il réussit à changer profondément la manière d’envisager la photographie.

Inspiré par Joseph Cornell et Marcel Duchamp, Robert Mapplethorpe étudie le dessin, la sculpture et la peinture. Artiste multidisciplinaire, il trouve véritablement sa vocation en 1970, lorsqu’il fait l’acquisition d’un polaroid pour incorporer ses propres photographies à ses collages. Il s’installe au Chelsea Hotel avec Patti Smith la même année. Inspiré par l’art classique, il photographie des natures mortes, des fleurs, des portraits mais toujours, la lumière joue une place prépondérante. Très vite, le succès, première expo en 73, il shoote la couverture de l’album de Patti Smith et réalise des séries pour le magazine Interview. Son ascension sera aussi fulgurante que la maladie qui l’emportera, le Sida. Mais ce qui le révèle réellement, ce sont ses photographies controversées de nus, oscillant entre le pur classicisme des statues grecques et le trash de certaines positions sado-masochistes.

A la fin des années 70, un tournant s’opère. Mapplethorpe change de sujet et se passionne pour la scène SM et gay de New York. A mesure que ses photos choquent l’Amérique puritaine, sa renommée grandit. Ses photographies, jugées déviantes, attisent les controverses et deviennent objet de censure. Son travail se transforme en porte-étendard d’une lutte artistique pour la liberté au sein des cultures wars qui sévissent aux Etats-Unis. Mapplethorpe continue cependant son travail. Les corps photographiés sont sublimés, ils se révèlent entre ombre et lumière et dessinent des lignes. Mapplethorpe a la patte d’un Michel Ange dans un esprit résolument anti-conformiste. En 1986, il apprend qu’il a le Sida et continue à travailler de plus belle, faisant même l’objet d’une rétrospective au Withney Museum, The Perfect Moment, un an avant sa mort en 1989. Cette rétrospective attisa encore plus le feu des cultures wars, et creusa la question de la liberté d’expression artistique.

A l’aube du 25e anniversaire de sa mort, la Sean Kelly Gallery dans le quartier de Chelsea à New York lui rend hommage en exposant 54 de ses photographies en noir et blanc, suivie par le Grand Palais qui dévoilera ses photos en juin. A découvrir : 200 photographies qui retracent toute l’évolution de l’artiste et interroge la puissance érotique à travers les images. Mapplethorpe ne choque plus mais n’en finit pas de fasciner.

Saint and SinnerSean Kelly Gallery, jusqu’au 25 janvier 2014

Robert Mapplethorpe, Grand Palais, du 26 mars 2014 au 13 juillet 2014

crédits photos:  © Robert Mapplethorpe Foundation.

Infos pratiques

Manufacture des Abbesses
Théâtre de l’Atalante
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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