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« Piaf » à la BNF: une exposition aux couleurs de la Môme

« Piaf » à la BNF: une exposition aux couleurs de la Môme

21 avril 2015 | PAR Constance Delamarre

Edith Piaf s’installe à la Bibliothèque François Mitterrand jusqu’au 23 août 2015, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Une exposition qui retrace sa vie avec des centaines de documents d’archives en tous genres. Edith Piaf, c’est à la fois le gris des pavés de Paris, le rouge des music-halls, le rose de sa vie, le noir de sa petite robe. Quatre couleurs reprises dans les quatre salles de l’exposition, aux thématiques les plus évocatrices : Femme du peuple, Une voix, Amoureuse, Une légende. Rencontre avec Edith Piaf, de la femme du peuple à la légende.

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Photographies, musiques, programmes de salles, lettres, affiches de cinéma, extraits d’émissions, objets divers, le tout commenté par un audio-guide… Une exposition peut-être un peu trop dense. Dès le début, nous sommes un peu confus face aux nombres de documents, sans trop savoir par où commencer. Un peu à l’image de la vie d’Edith Piaf, autant prolifique que chaotique. La première salle évoque aussi bien son enfance saltimbanque et sa fidélité à Paris, que sa présence pendant la guerre et sa popularité auprès du peuple français. Malgré cette abondance d’archives, nous arrivons à laisser place à l’émotion devant tant de souvenirs et d’objets intimes, qui nous plongent dans les coulisses de la vie de cette femme, hors du commun et pourtant comme nous tous.

Nous pénétrons ensuite dans l’univers rouge des théâtres et des music-halls, qu’Edith Piaf a arpenté tout au long de sa vie. La circularité de la pièce place le visiteur comme sur une scène, anticipant le petit espace karaoké. Ou bien sur Mon manège à moi, orchestré par le fantôme d’Edith Piaf, symbolisé par la petite robe noire qui surplombe la salle. Le rose bonbon de la troisième salle nous rapporte un peu de douceur, comme dans une chambre de jeune fille, et nous fait bien évidemment penser à la chanson La vie en rose, écrite en 1945. Un espace plus intime, parlant d’amour, d’amitié et de religion. L’exposition se termine dans un décor plus sombre, évoquant les studios d’enregistrement ou de cinéma. Clin d’œil obligé au film La Môme d’Olivier Dahan en 2007, qui valut à Marion Cotillard le César et l’Oscar de la meilleure actrice, exposés en conclusion.

Nous sommes donc à la fois curieux de cette intimité et troublé par le bouillonnement de cette vie. Pour nous raccrocher au présent, près de 50 chansons sont à l’écoute pendant notre parcours. Nous remarquons que chaque titre correspond à une étape de sa vie. Bravo le Clown ! en 1953 évoque son enfance dans une famille circassienne. Où sont-ils tous mes copains ? de 1941 fait écho à son engagement auprès des soldats pendant la guerre. Milord en 1947 s’inspire de ses tournées américaines. Hymne à l’amour en 1950 est un hommage à son cher Marcel Cerdan. Et La Foule en 1957, ne faisait que prédire celle qui était présente à son enterrement au Père Lachaise le 14 octobre 1963…

« Il peut m’arriver n’importe quoi, j’m’en fous pas mal ». Une citation parfaite pour clôturer avec autant d’insolence que d’insouciance, cette exposition-émotion.

Jusqu’au 23 août 2015, à la Bibliothèque François Mitterrand. Plus d’informations ici.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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