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Maryan célébré par le MAHJ et Robert Combas

Maryan célébré par le MAHJ et Robert Combas

11 novembre 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

Jusqu’au 9 février 2014, Pinchas Burstein, alias Maryan est à l’honneur au MAHJ, à travers une exposition qui se concentre sur les toiles des années 1960 et 1970 et, à  côté du musée, dans les anciennes écuries de l’hôtel de Saint-Agnan, Robert Combas a rendu hommage à ce grand artiste expressionniste trop méconnu. Amateurs de l’école de Paris et de vraie peinture ne manqueront pas un tel événement!

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Né en Pologne à Nowy Sacz, Pincha Burstein a été envoyé en camp, puis a été abattu avec d’autres juifs et laissé pour mort avant d’être retrouvé parmi les cadavres par un autre juif; déporté  dans le partie tzigane du camp d’Auschwitz, il a fait les marches de la mort, on lui tire à nouveau dessus, il doit être amputé de la jambe droite. Ayant perdu toute sa famille, il est placé en foyer pour handicapés par l’agence juive et doit rester des mois en camp d’internement en Allemagne. En 1947, il a 20 ans, plus de famille et parvient à quitter l’Europe pour Israel où il commence sa vie de peintre auprès de la fameuse école Bezalel. Il revient en Europe en 1950 pour étudier aux Beau-Arts à Paris où il suit notamment les cours de Fernand Léger et commence à exposer.

Si l’histoire personnelle de celui qui se fait appeler Maryan joue évidemment un rôle dans le caractère grinçant et grimaçant des personnages qu’il peint avec une sorte de cruauté viscérale et qui semblent aussi enfermés – quoique plus totémiques- que les hommes et les femmes peints par Francis Bacon, l’artiste refusait q’on lie son art à sa vie : « Qu’on ne me colle pas d’étiquettes ».

C’est ce que le MAHJ s’efforce de faire avec fidélité, dans une exposition impressionnante qui se donne pour premier objectif de faire redécouvrir l’oeuvre des années 1960 et 1970 du peintre, volontiers après son exil volontaire à New-York (1962), de la même manière que le musée nous avait permis de nous replonger dans les univers géniaux, torturés, mais trop peu connus de Bruno Schultz, Charlotte Salomon, ou Felix Nussbaum.

Entrant dans l’exposition par les collections permanentes du musée – à rebours de la visite habituelle des expositions temporaires au MAHJ-  on avance dans l’oeuvre de Maryan sous la forme d’une descente qui va d’une grande toile des années 1970 à pas mal de dessins notamment en l’entre-sol, la fameuse « Ménagerie humaine » (1961), qui donne son titre à l’expo pour conclure la visite par 8 des 9 immenses carnets de dessins que le peintre avait remplis à la demande de son psy new-yorkais, alors qu’il n’arrivait même plus à parler au début des années 1970, et où les personnages crient en anglais « Help! ». A chaque niveau, l’on découvre également ses grandes toiles, chacune habitée par un « personnage », qui, Napoléon ou animal cruel aux abois, semble criant de vérité. ET l’on peut aussi voir un extrait du film expérimental « Ecce Homo », que le peintre avait lié à ses carnets et tourné dans l’hôtel où il est brusquement décédé en 1977, à Chelsea.

combasA cette longue exposition à vif, le MAHJ a adjoint l’hommage de Robert Combas, dans une pièce à part de la jolie cour de l’Hôtel de Saint-Aignan. Cet espace constituait les écuries du lieu mais paraît presque comme une chapelle, Si Combas n’a pas connu Maryan, il s’inscrit volontairement dans la filiation expressionniste du peintre. Boyaux verts forment le fil directeur de cette postérité artistique, qui laisse mesurer quel impact immense Maryan peut encore exercer aujourd’hui, 40 ans après sa disparition.

Dans le cadre de l’exposition, ne manquez pas la conférence de Philippe Dagen sur Maryan, le 13 novembre, et deux lectures de Agnon et Kafka par Michel Vuillermoz et Eric Elmsonino, en lien avec l’oeuvre exposée, le 24 nvembre.

visuels :

1/ affiche de l’exposition : Personnage, 1962, collection particulière, courtesy Michel Soskine inc.

2/ Personnage (Napoléon), 1973, (c) Paris, Center Pompidou, MNAM-CCI Disr RMN GRand Palais / Phulippe Migeat

3/ Sans titre, 1960 (c) Centre national des arts plastiques, en dépôt au musée Cantini Marseille, photo Gérard Bonnet

4/ carnet de dessins n° 9, 1972,  (c) Paris, Center Pompidou, MNAM-CCI Disr RMN GRand Palais / Phulippe Migeat

5/ Robert Combas, Dans les tuyaux, 2013 (c) ADAGPn Paris 2013 – Photo JL Bellurget.

Infos pratiques

Labo des Histoires
Théâtre Liberté
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

4 thoughts on “Maryan célébré par le MAHJ et Robert Combas”

Commentaire(s)

  • Dauvergne renaud

    Maryan a ‘répété » ses tableaux en faisant des séances de grimaces devant ses amis.
    Cela donne plusieurs séries d’images de lui, plus de 50 photos noir et blanc, faites et développées par moi adns les années 70.
    Vous voulez voir? Renaud Dauvergne à
    [email protected]

    novembre 12, 2013 at 14 h 33 min
  • gArnier

    coucou tu en es ou ?

    octobre 2, 2014 at 20 h 44 min
  • cergarnier

    ohé

    octobre 2, 2014 at 20 h 45 min
  • cergarnier

    c quoi hec management ????

    octobre 2, 2014 at 20 h 46 min

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