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[Londres] « The fabric of India » au Victoria & Albert Museum

[Londres] « The fabric of India » au Victoria & Albert Museum

06 octobre 2015 | PAR La Rédaction

Dans cette nouvelle exposition le Victoria & Albert Museum révèle à la fois la beauté des textiles indiens mais aussi leur rôle politique dans les relations du continent avec la Grande-Bretagne. De fragments de vêtements du 3e siècle aux catwalks d’aujourd’hui, The Fabric of India explicite la manière dont l’artisanat des designers indiens a toujours été très recherché dans le monde entier à travers les siècles.

Pour lire l’article en anglais, c’est ici.

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Les commissaires ne montrent intelligemment aucun sari avant la dernière salle et préfère nous étonner avec une énorme tente créé pour Tipu Sultan au 18e siècle, suspendue magiquement dans les airs; Ou alors ils impressionnent avec une large tapisserie abandonne dans une rue de NYC et conservée par le V&A.

Et même si on n’est pas surpris de voir des dieux hindous représentés, on s’attendait peut-être moins à voir des pièces créées pour des musulmans, des chrétiens et des bouddhistes. De la même manière, saviez-vous qu’en 1700, le prince Eugène de Savoie a voulu habiller tous les murs de son château de coton indien ? Ou que le tissus indien a voyagé partout au Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest aux 18 et 19e siècle?

L’export des textiles indiens était global mais a connu un succès particulier en Europe, surtout en Grande-Bretagne pendant l’Empire. Mais c’est là que commence une histoire de rivalité économique et culturelle qui résonne encore aujourd’hui. Pendant la révolution industrielle, les usines anglaises ont commencé à imiter massivement les dessins indiens, qui étaient exportés vers l’Inde, faisant de l’ombre aux tissus originaux. Cette vague d’importations ont déstabilisé l’économie en menaçant la production d’origine.

Ainsi, quand Gandhi a voulu exprimer sa résistance au gouvernement anglais il a utilisé le métier à tisser. Et il a encouragé l’artisanat à poursuivre la tradition de Khadi, un tissus filé et tissé à la main. Et l’on l’a souvent vu portant l’illustre tissu lorsqu’il faisait des discours, il arrivait même en Angleterre enroulé dans ce tissus, suscitant à la fois mépris et surprise chez Winston Churchill.

Après ce point historique important, nous sommes transportés vers des exemples magnifiques de design indien, comme l’ensemble de mariage de Sabyaschi. Et l’on mesure l’influence de l’Inde sur des designers européennes comme Azzedine Alaia and Maximiliano Modesti – qui a déménagé son siège en Inde il y a 20 ans après avoir fait ses études à Paris, sachant que les deux designers ont habillé Lady Gaga.

Du bout de tissus le plus modeste aux créations les plus extravagantes, l’exposition impressionne et donne une belle introduction du niveau de savoir-faire et de créativité des tissus indiens.

Texte et images : Peter Domankiewicz

Infos pratiques

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Musée Jacquart André
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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