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[Live report] Les Rencontres Photographiques d’Arles, tout en nuances de noir et de blanc.

[Live report] Les Rencontres Photographiques d’Arles, tout en nuances de noir et de blanc.

14 juillet 2013 | PAR Louise Faucheux

La 44e édition du festival des Rencontres Photographiques de la ville d’Arles, intitulée Arles in black, présente un état des lieux de la création photographique en noir et blanc du XXIe siècle, en s’interrogeant sur son importance dans une ère où la couleur domine. Cinquante expositions d’une grande variété sont à y voir jusqu’au 22 septembre.

Il est très agréable de déambuler dans les petites rues d’Arles, dont les photographies affichées sur les murs rappellent en permanence les événements qui y ont lieu. Choisir de visiter les expositions au gré de la promenade permet de découvrir la ville, pour ceux qui ne la connaissent pas. Près de la billetterie se trouve l’exposition Jacques Henri Lartigue à l’église des Trinitaires, qui présente de très beaux clichés de sa vie familiale.

Un peu plus loin à l’espace Van Gogh, havre de paix fleuri dont la fraicheur est reposante, se trouvent trois expositions très différentes. Les clichés pris par Guy Bourdin dans sa jeunesse, dans un cadre plutôt quotidien et intime témoignent de l’inventivité qui fera sa renommé de photographe de mode. Les oeuvres en noir et blanc grand format du Japonais Hiroshi Sugimoto sont exposées pour la première fois à Arles et ont un aspect étonnamment pictural. Les artistes Van Leo, Adib et Fouad Ghorab passent de manière bluffante du noir et blanc à la couleur, en colorisant des portraits à la main, au pastel, à l’aquarelle et à la peinture à l’huile.

Quelques rues plus loin la chaleur de la place de la République semble avoir été désertée au profit de l’ombre des espaces d’exposition. L’église  Sainte-Anne abrite une rétrospective de la carrière du photographe chilien Sergio Larrain, décédé l’année dernière. Avec des compositions audacieuses, il a témoigné de la vie de son pays, de la misère qui y règne, tout en célébrant les joies et la beauté du quotidien.

Le parc des ateliers concentre une grande partie des expositions des Rencontres. Ces anciens entrepôts SNCF d’entretien et de maintenance des trains abritent des espaces très importants. Nous pouvons notamment y voir les clichés réalisés par des enfants de centres de loisirs de la Mairie de Paris, les lauréats du prix SFR Jeunes Talents, les conversations photographiques d’Olympus, les prix du livre d’auteur et du livre historique, ainsi que des expositions, en noir et blanc, à ne manquer sous aucun prétexte. Les paysages de John Davies sont fascinants, les éléments souvent mis en valeur par une lumière transcendantale. Dans le même espace, les photographies du Belge Michel Vanden Eeckhoudt sont un savant mélange d’humour et d’étrangeté, de beauté et de questionnements sur ce qui se présente à son objectif. Dans le dernier entrepôt, pour la première fois en France est présentée une rétrospective de l’oeuvre de Gordon Parks, réalisateur et premier photographe noir a avoir fait partie de la Farm Security Administration puis à intégrer l’équipe de Life. Son film Shaft est projeté en intégralité et ses clichés offrent un témoignage de la vie quotidienne de sa communauté et de son militantisme contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Enfin, les photomontages de Gilbert Garcin, qui a commencé à se mettre en scène lorsqu’il était à la retraite, sont imprégnés d’humour burlesque tout en portant un regard très acéré sur l’existence.

Afin de se rafraîchir en se reposant sur un transat, le Café des Forges mis en place au milieu des entrepôts à l’occasion des Rencontres est très agréable et permet également de laisser libre cours à sa créativité en faisant des photomatons en souvenir de cette journée photographique.

Et pour ceux qui le souhaitent, des visites guidées gratuites des expositions ont lieu chaque jour, à 15h au départ du jardin de l’Espace Van Gogh pour un parcours dans le centre-ville et à 17h à partir du Café des Forges pour visiter le Parc des ateliers.

Toutes les infos sur les Rencontres Photographiques d’Arles.

Visuels (c) : Louise Faucheux

Infos pratiques

Musée Fabre – Montpellier Méditerranée Métropole
Théâtre des Béliers
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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