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Leonor Antunes s’installe au CAPC de Bordeaux

Leonor Antunes s’installe au CAPC de Bordeaux

01 décembre 2015 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

C’est un travail minutieux, infime, en lien étroit avec la matière car fait de petits nœuds et de tissages soignés : a priori, l’œuvre de l’artiste portugaise Leonor Antunes se laisse mal imaginer perdue dans un immense espace tel que celui de la nef du CAPC de Bordeaux. Et pourtant… Pourtant le charme de son exposition Le Plan flexible agit. Lentement, au fil des heures du jour qui passent et de la lumière qui change, le spectateur s’approprie son œuvre et finit par s’y sentir bien, comme dans un décor familier. À voir du 27 novembre 2015 au 17 avril 2016.

Leonor Antunes

Cela faisait presque dix ans que la nef du CAPC, espace grandiose qui a déjà accueilli Richard Serra, Anish Kapoor et Annette Messager, n’avait pas exposé d’artiste femme. Il faut croire qu’on se laisse vite aller à oublier la création féminine… Enfin, l’erreur est réparée avec l’invitation faite à Leonor Antunes d’investir les 1500 mètres carrés rythmés de colonnes de cet ancien entrepôt. L’artiste a d’ailleurs travaillé en lien étroit avec les archives du lieu, prenant en compte à la fois son histoire et les différents artistes qui s’y sont installés à partir de la création du CAPC en 1983. Car certains ont laissé des traces… Qui ne pouvaient la laisser indifférente. Est-ce pour cela que son projet Le Plan flexible semble être un chuchotement, un murmure, une ébauche ? Est-ce par discrétion, par humilité ? Elle suggère un rêve, propose un motif puis se retire à pas de loups : voilà une artiste dont la subtilité tient du sublime.

Montage de l'exposition, novembre 2015Dès l’entrée dans l’exposition, le spectateur est accueilli par deux filets de pêche à travers lesquels il entrevoie le grand espace investi. De loin, l’ensemble ressemble à une exposition de design, avec ses lampes, ses tables basses et ses paravents ; mais l’idée est complètement différente. La lumière des ampoules montées sur des tubes de laitons, les motifs plats de ciments et les paravents en osier sont autant de propositions répétitives de motifs qui plongent le spectateur dans une vision ultra-contemporaine. On croirait nager dans un délire de papier glacé, tel qu’on en trouve dans certains magazines branchés. Ce paysage en camaïeux de bruns ne raconte pas d’histoire : il en est une.

Notre œuvre préférée : un grand tissage de laiton qui s’invente rideau et oscille en de grandes vagues protectrices. Il est le toit de l’exposition, il est son expression la plus forte, la plus brillante, et ne donne à voir rien d’autre que lui-même. Il définit la monumentalité adoptée par Leonor Antunes, une monumentalité de petits pas de souris, fine, élégante.

Libre à vous de vagabonder, d’observer le parquet de liège ponctué de barres biseautées, de vous aventurer dans les étages pour observer l’œuvre d’en haut. Surtout, laissez-lui le temps de vous séduire car, tout comme le calme est difficile à atteindre avant la méditation, le sens de l’œuvre de Leonor Antunes ne se révèle qu’après une longue expérience de contemplation et d’immersion.

Informations pratiques : 
Le Plan flexible, Leonor Antunes
Du 27 novembre 2015 au 17 avril 2016
CAPC de Bordeaux,  7 Rue Ferrere

Infos pratiques

Centre National Jean Moulin
Petites formes mouvantes et émouvantes
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