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Le Musée Guimet offre une carte blanche Lee Bae jusqu’au 25 janvier 2016

Le Musée Guimet offre une carte blanche Lee Bae jusqu’au 25 janvier 2016

30 septembre 2015 | PAR Sandra Bernard

Située dans la rotonde du dernier étage du musée Guimet, la carte blanche à Lee Bae s’inscrit dans la première vague de célébration de l’année de la Corée au musée Guimet.

Lee Bae, artiste coréen vivant en France depuis 1990, s’est spécialisé dans l’usage du charbon de bois dans ses œuvres.

Un tableau des années 2000 usant de toutes les nuances du charbon fascine par le chatoiement de la matière. Formant un « vitrail » abstrait dont chaque parcelle révèle une richesse intérieure de la couleur.

Pour son installation actuelle, il a utilisé des rondins de sapin, arbre emblématique de la Corée, carbonisés dans un four traditionnel en Corée du Sud. Le brûlage dure 15 jours et le refroidissement 15 jours également. Ensuite, il les réunit en cube qu’il fait venir en France. Ces compositions rappellent une cérémonie annuelle de son village natal où les villageois réunissent des branches dans une structure de 15 mètres de haut nommée « maison de la lune ». Lors de la première pleine lune de l’année, une grande cérémonie est organisée où l’on met le feu à la structure afin de se débarrasser des mauvaises choses de l’année écoulée et d’accueillir la nouvelle année.

Ses œuvres sont placées dans la rotonde sommitale du musée traitée à la manière d’une grotte (comme l’explique l’artiste) premier habitat de l’homme et berceau de la civilisation, notamment les grottes décorées de Lascaux et Chauvet. Seules deux fenêtres sont découvertes afin d’attirer l’attention vers l’extérieur, rappelant les relations entre intérieur et extérieur.

Face à ses compositions de charbon de bois, il a disposé deux toiles couvertes d’un enduit et d’encre à base de cendre de bambou. Ces deux toiles, approchant la calligraphie, rappellent que le noir de l’encre est également là pour souligner le blanc du fond, que plein et vide se complètent et dialoguent pour créer un espace. Le bois ainsi carbonisé devient presque minéral, offrant une nouvelle approche de la matière. Le but de Lee Bae, en utilisant le charbon de bois, est de révéler la richesse intérieure d’un matériau souvent négligé.

Outre la référence à la fête de la lune du début d’année, le charbon de bois est une composante essentielle de la culture asiatique (Chine-Japon-Corée). Utilisé dans les fondations des maisons, le charbon de bois éloigne les insectes.

Avec sa carte blanche, Lee Bae et le musée Guimet offrent aux visiteurs un nouveau regard sur le charbon de bois et une approche mêlant tradition et réinterprétation.

Informations pratiques :

Carte blanche à Lee Bae, MNAAG : 6 place d’Iéna, 75116 Paris (rotonde du 4e étage), Du 18 septembre 2015 au 25 janvier 2016

Visuels :

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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