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L’art de Dora Maar au Centre Pompidou

L’art de Dora Maar au Centre Pompidou

08 juin 2019 | PAR Yaël Hirsch

Du 5 juin au 29 juillet 2019, le Centre Pompidou propose la plus grande rétrospective jamais consacrée en France à l’œuvre de Henriette Theodora Markovitch, alias Dora Maar (1907-1997). Souvent présentée comme la muse de Picasso dont elle a été la compagne de 1935 à 1943, Dora Maar se révèle sous plusieurs aspects dans cette élégante exposition : l’inspiratrice, la photographe et -encore plus méconnue- la peintre.

L’on entre dans l’exposition pour tomber nez à nez avec un personnage de film : Le Quai des Orfèvres (1947) d’Henri-Georges Clouzot où le personnage de Dora Monnier interprété par Simone Renant nous rappelle la renommée de la photographe. Et en effet, très vite les clichés s’enchaînent dans cette exposition, qui rappelle que la photo, pour Dora Maar c’était avant tout un métier. Inscrite à l’École des arts appliqués pour femmes en 1923, elle étudie avec André Lhote et créé son propre studio à Neuilly avec Pierre Kéfer en 1931. Les commandes affluent et l’on découvre aussi bien Maar photographe de mode et portraitiste des familles, pratiquant un art assez esthétique, proche des canons futuristes, de la nouvelle objectivité pas si éloignés des odes aux muscles fascistes. Les villes l’intéressent aussi, avec une vraie étude et un engagement social pour saisir la classe ouvrière et les plus démunis, à Londres, comme à Paris.
Lorsqu’elle ouvre son propre studio à Paris, en 1935, la photographe côtoie les surréalistes, et l’on retrouve ses portraits de l’avan-garde de l’époque : Prévert, Eluard et surtout sa femme, Nusch, qui est une muse et une égérie. Elle se portraiture aussi elle-même, notamment dans le troublant Les années vous guettent (1935) où une toile d’arraigée lui recouvre le visage. Expérimentatrice surréaliste, elle joue du double, du collage, et de cadavres exquis avec Breton, Eluard, Muzard.
Dora Maar est aussi muse : pour Picasso en phase d’expérimentation cubiste, bien sûr, mais aussi pour Man Ray ou max Ernst. Enfin et seulement, enfin, on la voit aussi compagne de Picasso : femme portraiturée, photographe portraitiste, témoin photographiant l’évolution de Guernica.
L’exposition va jusqu’à après la douloureuse rupture avec Picasso qui donne naissance à une peintre. La dernière salle permet de voir la deuxième moitié de l’oeuvre de Dora Maar, complètement inconnue jusqu’à une grande vente en 1999 : paysages et portraits sont tristes et poignants et l’on prend congé de la flamboyante photographe, femme forte, femme d’avant-garde avec un art et un profil beaucoup plus sombres et discret.
L’exposition est riche mais laisse tout de même un peu sur sa faim quant à donner une grille de lecture, notamment de cette deuxième partie des œuvres exceptionnelles qui nous sont montrées.

visuels: affiche officielle
Dora Maar, Assia, 1934 © Adagp, Paris 2019 / Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI / G. Meguerditchian / Dist. RMN-GP
Dora Maar, Le Simulateur, 1935 © Adagp, Paris 2019 Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI / P. Migeat / Dist. RMN-GP

Infos pratiques

Les Cygnes
Théâtre du Palais Royal
centrepompidou

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