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« Jade, des empereurs à l’art déco », un matériau mythique au musée Guimet à Paris jusqu’au 16 janvier 2017 !

« Jade, des empereurs à l’art déco », un matériau mythique au musée Guimet à Paris jusqu’au 16 janvier 2017 !

20 octobre 2016 | PAR Magali Sautreuil

Depuis le 19 octobre 2016, l’exposition « Jade, des empereurs à l’art déco » retrace les quelques 8000 ans d’histoire de ce matériau fascinant. 330 œuvres nous sont ainsi présentées pour nous raconter la grande aventure historique et esthétique du jade du Néolithique jusqu’au années 1920, une aventure qui saura plaire tant au public averti qu’aux non-initiés. 

À l’origine, il n’y avait pas de mot pour le jade. Le terme chinois « Yu » englobait l’ensemble des « belles pierres », mais progressivement, il ne désigna plus que le jade. Il s’agit donc d’une pierre chargée d’une forte symbolique. Pour les Chinois, le elle n’a d’ailleurs pas de prix.

Pourtant, c’est une pierre simple qui, à la différence des autres pierres précieuses, ne peut être taillée en facettes. De même, sa translucidité, qualité sine qua non des pierres précieuses, ne peut être obtenue qu’en la taillant en très fine couche. Mais, le jade n’est pas qu’une vulgaire pierre : c’est un don de la nature, un don que les montagnes et les rivières nous ont offert. D’ailleurs, le jade est considéré « la pierre du ciel », comme le seul matériau capable de réunir les qualités à la fois du yin et du yang. « Posséder une pierre de jade, magnifique, indestructible, aux couleurs du ciel et de la terre, c’est comme posséder un morceau de l’univers ».

Vous comprendrez ainsi pourquoi, dès les origines de l’exploitation du jade, cette pierre fut utilisée dans le cadre de rituels. Puis, son usage, ses formes et son répertoire ont évolué. Il fut tantôt l’apanage des empereurs et des rois, tantôt celui des lettrés, des marchands, des amateurs d’art et des bourgeois.

C’est une matière extraordinaire aux multiples vertus, source d’inspiration à la fois pour l’artisan et pour l’amateur d’art, dont la taille relève d’une véritable prouesse technique surtout aux époques anciennes. Le jade, de par sa nature compacte, est une pierre d’une extrême dureté. Réussir à la tailler, à lui donner une forme et même parvenir à l’ajourer et à la rendre translucide sont autant de preuves de la maîtrise techniques des artisans.

Translucide à semi-opaque, cette pierre jouit d’une gamme de couleurs, naturelles ou artificielles, très variées, selon les impuretés qu’elle contient. Ces différentes colorations du jade sont mises en valeur grâce à une scénographie extrêmement soignée, à l’ambiance feutrée. Les cimaises rendent également compte de la diversité chromatique du jade (vert, gris graphite, bleu, prune).

Tout a été pensé dans le moindre détail. Des paravents ajourés jalonnent le parcours et nous plongent dans la Chine d’antan. La plupart est associée à de petits bancs, afin que vous puissiez vous imprégner des lieux.

L’espace a savamment été distribué. La circulation entre les vitrines est extrêmement fluide, ce qui rend la visite très agréable. Tous les cartels sont parfaitement lisibles par des personnes en fauteuil. La longueur des textes est savamment dosée. Le visiteur a assez d’informations pour jouir pleinement de sa visite, sans être fatigué par des explications trop longues.

La première partie de l’exposition vous initie aux techniques de taille du jade. Les outils qu’elle nécessite sont présentés à la manière de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Vous commencerez ensuite votre voyage en suivant l’évolution des usages, des formes et des motifs en Chine, avant de partir à la rencontre des influences étrangères et de revenir en France, au temps du Second Empire et de l’art déco, où la Jade était du dernier chic.

Si vous aussi, vous succombez au charme du jade et être pris d’un subit et ardent désir de prendre dans vos mains cette pierre au toucher suave et doux dont il émane une certaine chaleur, des blocs de jade polis sont mis à disposition des visiteurs.

Informations techniques :

Titre : « Jade, des empereurs à l’art déco »

Durée : Du 19 octobre 2016 au 16 janvier 2017

Lieu : Musée Guimet

Commissariat d’exposition : Marie-Catherine Rey, conservatrice générale du patrimoine et Huei-Chung Tsao, ingénieur d’études

Scénographie de l’exposition : Maffre Architectural Workshop

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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