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Images birmanes, voyage photographique au Musée Guimet

Images birmanes, voyage photographique au Musée Guimet

19 octobre 2017 | PAR Laetitia Larralde

Le musée Guimet présente sa troisième exposition de photographies anciennes tirées de sa collection. Avec pour thème la Birmanie de la deuxième moitié du XIXème siècle, elle invite à découvrir des images rares d’un monde disparu.

Dès sa fondation en 1889, le musée Guimet a compté dans ses collections de nombreuses photographies. Il faut attendre les années 1920 pour qu’elles soient toutes rassemblées en un même lieu et constituées en un fonds à part entière. Mais la photographie n’est alors considérée que pour sa valeur uniquement documentaire et reste asservie au texte. Cette conception purement illustrative a perduré jusqu’aux années 1990, où le fonds du musée a commencé à être mis en valeur. La politique d’acquisition s’étend aujourd’hui du XIXème au XXIème siècle et ne se limite plus aux vues de monuments.
Ces dernières années la collection de photographies sur la Birmanie du XIXème siècle a triplé, et ce malgré la rareté des clichés existants. Afin de palier à l’hétéroclisme des sujets des quelques deux cents photographies de Birmanie du fonds, il a été choisi d’en présenter une centaine, autour de trois axes : les monuments, les personnes et les paysages.

On parcourt l’exposition comme un explorateur découvrant un pays inconnu. La Birmanie est restée longtemps fermée, et aujourd’hui encore son passé garde une certaine aura mystérieuse. Témoin d’un monde révolu, que les incendies ont fait disparaître, que les rénovations sans pitié ni nuance ont recouvert, les images ressuscitent sous nos yeux les monuments, les paysages et leurs habitants.
Ici Les temples foisonnent de sculptures de pierre, de dentelles de bois, de flèches qui se dressent vers le ciel, et là la végétation mange les pagodes et dissimule la beauté des sculptures. Les moines bouddhistes, dont le nombre est, aujourd’hui encore, incroyablement élevé, habitent sereinement ces temples, leur quotidien intemporel constituant un sujet de choix pour les photographes.
On croise plus loin des personnages aux costumes élaborés, des dignitaires de la cour, des élégantes, membres d’une société qui allait subir de profonds changements quelques années plus tard, jusqu’à disparaître. Danseurs et musiciens, dont l’art est intiment lié au rituel religieux, mais aussi très apprécié au quotidien et au théâtre, posent dans leurs costumes très travaillés, ressemblant aux portraits des membres du pouvoir mis en scène en studio. A leurs côtés, le contraste des photographies de Felice Beato où il capture quelques-unes des nombreuses populations birmanes dans leur environnement naturel nous expose la diversité incroyable qui compose la mosaïque sociale birmane.
On embarque ensuite sur l’Irrawaddy, le fleuve reliant le pays du nord au sud, alors une des rares voies de communication praticables. La beauté silencieuse des paysages se déroule sous nos yeux, à un rythme ralenti, sous les nuages que la technique de Philip Adolphe Klier nous permet de contempler.

La technique photographique est apparue en Birmanie avec l’armée anglaise en 1852, lors des guerres anglo-birmanes qui marquent l’annexion du pays et de ses immenses richesses naturelles par les Anglais. Les photographies présentées ici émanent principalement de trois studios européens installés en Birmanie pendant plusieurs décennies : les anciens soldats anglais Jackson et Bentley, l’allemand Philip Adolphe Klier et le britannique itinérant Felice Beato, dont un album a été acquis en 2015 par le musée. Chacun apporte un regard singulier sur leur pays d’adoption, mais qui reste malgré tout un regard européen de la période des colonies britanniques. La précision des images est surprenante, les détails enchantent, et la recherche dans la composition en font des œuvres à part entière, au-delà du documentaire.

L’exposition Images birmanes propose une belle escapade, entre nostalgie et fascination. Et pour ceux qui souhaiteraient la prolonger, le catalogue de l’exposition recueille la totalité du fonds du musée sur le thème, ainsi que le texte d’Alexandre Mahé de la Bourdonnais sur sa visite du pays.

Images birmanes, trésors photographiques du MNAAG
Musée national des arts asiatiques – Guimet
Du 18 octobre 2017 au 22 janvier 2018

Visuels © Musée Guimet, Paris (dist. RMN-GP) / image MNAAG

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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