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[Gand] Kader Attia expose ses réparations au SMAK

[Gand] Kader Attia expose ses réparations au SMAK

20 avril 2017 | PAR Yaël Hirsch

A l’occasion du 10e anniversaire du cours de textile du KASK/ Ecole des arts de Gand, le musée d’art actuel de la ville a invité l’artiste franco-algérien, prix Marcel Duchamp 2016, Kader Attia a exposé sur le thème « réparer l’invisible ». Dans ses grands espaces lumineux avec vue sur le parc, le SMAK invite l’art habité de mémoire de Kader Attia à se déployer.
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Inspiré par l’observation de tissus congolais « réparés » de la tribu Kuba, Kader Attia réalise que lorsque l’occident voir la « réparation » comme un retour au statu quo ante, d’autres cultures notamment en Asie et en Afrique, n’annulent pas le dommage par la réparation. Au contraire, la blessure et la réparation font partie de l’identité. Ce décalage de vues sur la réparation ouvre donc tout un champs de réflexion sur la mémoire et l’histoire qu’Attia rend physique et plastique.

Au cœur de cette exposition au SMAK sur « réparer l’invisible », l’on trouve donc – posés sur de sobres socles blancs- des morceaux de tissus qui portent fièrement leurs rustines, comme une signature.

A droite, les objets réparés mettent en cause l’homme et son histoire avec les pieds d’un mannequin rapiécés, une bûche de bois suturée, un double trophée de chasse savamment mis en scène et surtout, sous le titre Reenactment (2014), deux casques de l’armée colonial française réparés et transformés en instruments à cordes…

De l’autre côté, la réflexion se creuse sur les vestiges de notre société industrielle avec des carcasses de voitures (When Cardboard repairs plastic, 2016) ou des traces de brûlures. L’acmé de l’exposition est le film Réflechir la mémoire que l’artiste avait présenté au prix Marcel Duchamp (avec succès !) en 2016, où des plans sur un homme qui se cherche entrent en collusion avec des témoignages de spécialistes sur la question de la mémoire.

Une exposition importante en Belgique, qui permet d’entrer de plain-pied dans l’art et les questionnements de Kader Attia.

En France, retrouvez Kader Attia dans le lieu d’échange qu’il a créé à Paris : La Colonie (128 rue Lafayette, 75010) et exposé aux Turbulences, FRAC Centre à Orléans, du 28 avril au 6 juin sous le titre « Réparations ».

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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