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Et, action ! Le Centre Pompidou s’exporte à Lille en vidéos

Et, action ! Le Centre Pompidou s’exporte à Lille en vidéos

13 octobre 2017 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

120 000 œuvres sont conservées dans les réserves du Centre Pompidou. Bien évidemment, impossible de tout voir dans ses expositions permanentes et temporaires ; c’est pourquoi on a particulièrement apprécié l’idée de célébrer son 40ème anniversaire à travers des dizaines de présentations partout en France, durant toute l’année 2017. Cet automne, cap sur Lille pour avoir un bel aperçu des collections d’art vidéo et de performances : au Tripostal et à la Gare Saint-Sauveur, les deux parcours invitent le visiteur à s’attarder devant toutes sortes de spectacles – des jeux d’enfants (Francis Alÿs), de la danse (Jérôme Bel), du skate (Raphaël Zarka), de la musique (Ryogi Ikeda)… Un pari réussi.

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À deux pas de la gare Lille-Flandres, alors que vous avez à peine le temps de sentir l’air frais du nord en sortant du train, les espaces colorés du Tripostal vous attendent de pied ferme. Ici, l’art contemporain est une chose sérieuse, toujours présenté avec gourmandise dans de très grandes et hautes salles (idem à la Gare Saint-Sauveur, puisque dans les deux cas nous nous trouvons dans des friches reconverties).

Ici, une cinquantaine d’œuvres décline les sens de la « performance » sous toutes ses formes. C’est d’abord celle de Lili Raynaud Dewar, qui s’amuse sur trois écrans à représenter la légèreté virevoltante de Joséphine Baker, nue, fleurie. Puis c’est celle, vive et gracile, de la danseuse Trisha Brown devant la caméra de Babette Mangolte, quelques mètres après les contorsions sur fond blanc de William Forsythe sous les yeux de l’artiste Peter Welz. Voici le premier tome de cette grande histoire de la performance, et, d’emblée, le meilleur : la danse capturée pour l’éternité par des artistes contemporains, où le corps répond au support.

Tripostal
Tripostal

À l’étage, place aux failles. On se plonge dans les regards troublés et troublants de torreadors portugais, photographiés au sortir de l’arène par la géniale Rineke Dijkstra en 1994 – ici, la performance vient d’avoir lieu. Puis dans celui, fragile, de la danseuse Véronique Doisneau, invitée par le chorégraphe Jérôme Bel à s’emparer de la scène de l’Opéra de Paris pour y raconter son expérience de danseuse discrète, fondue dans la masse du corps de ballet. On perd un peu la tête devant les manèges de bric et de broc de Hans-Peter Feldman, qui a installé sur une table munie de projecteurs des assemblages d’objets divers tournant sur eux-mêmes : le spectacle est moins sur la table que sur le mur d’en face, où les ombres virevoltent en chœur.

Tripostal
Tripostal

Dans l’escalier, tendez l’oreille : l’artiste Claude Closky a enregistré et monté ensemble toutes les injonctions que l’on peut entendre dans les publicités et à la radio, « Vivez en direct la finale (…) Redécouvrez (…) Choisissez (…) », et on en passe. Précise, politique, cette œuvre sonore nous donne des envies de mouvements !

Si vous avez encore faim, direction la Gare Saint-Sauveur où une vingtaine de vidéos complète le panorama de la collection Nouveaux Médias du Centre Pompidou (le commissariat est assuré par la brillante Marcella Lista). On s’attardera notamment devant les vidéos de jeux d’enfants enregistrées par Francis Alÿs aux quatre coins du monde, quitte à frissonner un peu devant la facilité qu’ont les mômes à se saisir d’insectes pour les torturer – beurk. En déambulant, gare à vos pieds, ils pourraient s’emmêler dans les 6000 kilomètres de fil accumulés sur le sol par l’artiste Cildo Meireles. À moins que vous ne vouliez rester là pour toujours… Auquel cas, vous ne risqueriez pas de vous ennuyer, entouré de vidéos de toutes sortes – et la plupart, captivantes.

Gare Saint-Sauveur
Gare Saint-Sauveur

Informations pratiques : 
Performance ! au Tripostal
Du 6 octobre 2017 au 14 janvier 2018
Jeux à la Gare Saint-Sauveur
Du 7 septembre au 5 novembre 2017

Infos pratiques

Motte
Festival d’île de France
Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaixphoto : maxime dufour photographies.

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