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« Esthétiques de l’Amour » au Musée du Quai Branly : une vision de la Sibérie extrême-orientale

« Esthétiques de l’Amour » au Musée du Quai Branly : une vision de la Sibérie extrême-orientale

03 novembre 2015 | PAR Araso

Aujourd’hui s’ouvre au Musée du Quai Branly l’exposition « Esthétiques de l’Amour » qui met en lumière l’artisanat des peuplades de chasseurs-pêcheurs de Sibérie extrême-orientale où coule le long et célèbre fleuve. Une exposition toute en artefacts mystiques et fragments de spiritualité.

[rating=3.5]

Si le titre évocateur de l’exposition tend à laisser présager autre chose, c’est bien d’art décoratif des peuples du bassin du fleuve Amour dont il est question. Les œuvres proviennent de collections ethnographiques de Sibérie extrême-orientale et l’exposition se divise en deux grandes parties : les vêtements et les objets, chaque section détaillant leurs fonctions. Les croyances animistes de ces populations et leur rapport extrêmement étroit à la nature, dont le saumon qui peuple les eaux de l’Amour, ont donné lieu à une production d’œuvres délicates, fragiles, rarement montrées bien qu’arrivées en Europe à la fin du XIXème, début du XXème siècle. Ainsi peut-on admirer des robes et des manteaux de fête, entre autres artefacts, constitués principalement de peaux de poissons et de fourrures. Il est difficile d’imaginer la dextérité nécessaire à la manipulation d’une telle matière première, pourtant très usitée, liant le quotidien au spirituel dans la pure tradition chamanique de ces contrées où la magie s’apprend dès l’enfance. Tandis que les femmes cousaient, les hommes étaient affectés à la fabrication des objets du quotidien, eux-aussi porteurs d’un signifiant plus profond et parés de multiples symboles.

Au-delà de l’esthétique stricto sensu de cet artisanat à la provenance exotique, dont la caution n’existe qu’à travers l’œil occidental, les réels protagonistes de l’exposition sont le chamanisme et le spiritisme, qui intriguent, fascine, créent le fil rouge de toute une existence et au-delà. Comment fonctionnent ces sociétés fondées sur le culte de la nature, la croyance aux esprits et les pratiques divinatoires telles que la transe et l’extase ? Qui sont ces prêtres sorciers ? A quoi ressemble leur « expérience intime » dont parle Claude Lévi-Strauss ? L’exposition prend le parti de traiter le sujet par l’angle de l’esthétique, qui, bien que touchante dans sa fragilité, s’arrête à une expérience visuelle là où l’on brûle de mobiliser ses cinq sens. Comme l’avant-goût d’une découverte extraordinaire, l’exposition Esthétiques de l’Amour est un éveil à un sujet qui mériterait d’être approfondi.

Esthétiques de l’Amour au musée du Quai Branly du Mardi 3 Novembre 2015 au Dimanche 17 Janvier 2016.

Visuels © Araso

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