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Le Cubisme : une exposition fleuve sur 10 ans qui ont marqué l’Histoire de l’Art au Centre Pompidou

Le Cubisme : une exposition fleuve sur 10 ans qui ont marqué l’Histoire de l’Art au Centre Pompidou

16 octobre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Sous le commissariat de Brigitte Leal, Christian Briend et Ariane Coulondre, Le Cubisme fait tourner la tête tellement l’exposition rassemble de toiles, de sculptures et d’œuvres sur papier venues de l’Europe entière. De 1907 à 1917, la chronologie est respectée et l’effet assez bluffant.

L’exposition commence dans la surprise par … un Gauguin. Et par d’autres sources immédiates du cubisme : Cézanne et une très belle vitrine d’arts africains. Vient ensuite un mur de photos des grands et petits artistes qui ont côtoyé le mouvement (Herbin, Laurens, Braque, Picasso) et une séries d’œuvres éblouissantes, prémonitoires et connues de Picasso (Gertrude Stein, Autoportrait…). Le grand rassemblement de l’exposition permet également de découvrir des œuvres moins connues du maître catalan. (Deux figures d’une collection particulière dans un cadre d’or), ainsi que des toiles de Georges Braque et de Derain annonciatrices du mouvement (1905 à 1907).

Une salle entière de paysages creuse intelligemment le rapport à Cézanne avec des pièces venues de l’Europe entière (Lam, Collection Berggruen, Kunstmuseum de Bâle..) Et c’est la Tête de Fernande comme figure de proue de « l’éclatement de la forme moderne » qui nous fait entrer dans le vif du sujet. Grise et troublante, la salle sur “La lettre et le signe” focalise sur l’année 1911 passée par Picasso et Braque dans le village catalan de Céret. Viennent ensuite deux salles immenses dédiées aux salons cubistes de 1911 et 1912 où des œuvres de Braque, Léger, Metzinger, Gleize, Marcassin et Picasso dialoguent en taille et en couleur avec un Chagall et des sculptures de Brancusi.

L’on commence à se demander si l’on sortira du beau labyrinthe des salles qui s’enroulent au 6 e étage du musée quand un immense rectangle nous livre comme des trésors secrets les collections de Guitares de Braque sur papier du Musée. L’on passe ensuite aux statues et papiers de Laurens, dont on redécouvre la délicatesse avant de rejoindre la taille immense et les couleurs de Delaunay, Kupka et d’autre compagnons de routes aux salons surréalistes de 1913 et 14.

La guerre entre ensuite en scène, sans Gand fracas et toute en grise mine. Un dernier état des lieux mirifique en taille et en nombre sur la peinture et l’on revient à une salle plus thématique et peut être plus saisissante sur les liens entre le peintre et le poète. On a le bonheur d’y voir, venu de Cologne, l’original du Portrait de Max Jacob par Picasso. Ainsi que l’illustre représentation de Guillaume Apollinaire et ses amis de Marie Laurencin.

La dernière salle évoque brièvement mais avec éclat la postérité immédiate d’un mouvement qui est mort avec la fin de de la Première Guerre à travers des œuvres bien choisies de Duchamp, Mondrian ou Malevitch.

Une exposition-somme, qui permet de découvrir des œuvres de Russie ou du Danemark de manière résolument encyclopédique et chronologique.

Visuels : affiche de l’exposition © Philippe Migeat – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP © Domaine public et photos du vernissage (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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