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Christian Dior au musée des Arts décoratifs : une méta-expo époustouflante

Christian Dior au musée des Arts décoratifs : une méta-expo époustouflante

07 juillet 2017 | PAR Géraldine Bretault

Si Christian Dior est régulièrement célébré dans le monde entier, cette exposition se distingue par son ambition : pas moins de 3000 m2 ont été monopolisés au sein du musée des Arts décoratifs pour célébrer les 70 ans de la Maison – aucun aspect de cette saga française, puis internationale, n’a été éludé, de la biographie du créateur aux parfums, en passant par la revue de ses successeurs. On en ressort à bout de souffle, mais au terme d’un sublime voyage intemporel. 

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C’est l’exposition-événement qu’attendaient tous les amoureux de la mode, et elle restera 6 mois à l’affiche – presque un printemps-été / automne-hiver !

Le parcours s’articule autour de deux approches, transversale pour commencer, puis chronologique ensuite. On entre par la petite porte, l’enfance à Granville, le contexte familial… Puis la galerie d’art, qui vient mettre un terme à l’ennui de l’adolescence. Ensuite, place aux photographes qui ont su mettre en valeur les créations de l’inventeur du New Look. Rapport aux couleurs, dans un nuancier décliné autour de mini-robes, qui n’est pas sans rappeler l’exposition Barbie qui se tenait là il y a quelques mois. Pleins phares sur les accessoires, évocation des parfums, couvertures de revues de mode. Et puis l’influence du XVIIIe selon Marie-Antoinette, ou encore celle des jardins….

C’est au moment où l’on commencerait à en perdre son latin en tentant de repérer les audaces de Galliano vs les épures de Raf Simons que l’on arrive à mi-parcours : de l’autre côté de la nef, trône, majestueux, le fameux tailleur Bar qui signe l’entrée dans l’histoire de Christian Dior, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et c’est reparti sur un rythme tout aussi effréné, mais selon une approche historique et didactique, cette fois : après vous être hissé sur les pointes des pieds pour tenter de voir les modèles disposés en hauteur, illustrant l’influence toujours actuelle du style Dior, une série d’alcôves sont consacrées aux grands directeurs artistiques qui se sont succédés à la tête de la maison après la mort de « Monsieur Dior » : Yves Saint-Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et enfin Maria G. Chiuri.

Un peu plus loin, une section vous aide à repérer les principales formes qu’affectionnait Dior, Corolle, En 8, fuselage, etc., rappelant les affinités du créateur avec l’architecture. Dans une impressionnante salle immaculée, un hommage est rendu aux petites mains, présentes à travers les modèles bâtis et l’évocation de leurs tables de travail.

La dernière salle s’achève en apothéose autour des Bals, si importants dans la jeunesse du créateur, tradition reprise par chacun des directeurs artistiques de la maison, et qui trouve aussi son prolongement dans les liens avec le vedettariat et l’histoire du cinéma.

On vous le disait, une exposition exhaustive, une exposition superlative, qu’il sera difficile de dépasser. Au risque peut-être, parfois, de perdre le fil conducteur de ce parcours, devant la pléthore de modèles exposés. Mais ne dit-on pas « quand on aime, on ne compte pas » ?

 

« Mon rêve ? Rendre les femmes plus belles et plus heureuses. »
Christian Dior

Visuels : © Arik Nepo, modèle de la collection haute couture, automne-hiver 1948, ligne Ailée, Vogue Paris, octobre 1948 © Arik Nepo / Vogue Paris
Michal Pudelka, robe Baiser rouge, collection haute couture printemps-été 2017, modèle Ruth Bell © Michal Pudelka
Peter Lindbergh, robes Kusudi et Kitu, collection haute couture printemps-été 1997, modèles Kiara Kabukuru et Debra Shaw © Peter Lindbergh
Christian Dior, robe Opéra Bouffe, haute couture automne-hiver 1956, ligne Aimant. Robe du soir en faille de soie d’Abraham. Paris, Dior Héritage © Photo Les Arts Décoratifs / Nicholas Alan Cope
Christian Dior. Tailleur Bar. Haute couture printemps-été 1947, ligne Corolle. Ensemble d’après-midi. Veste en shantung. Jupe corolle plissée en crêpe de laine de Gérondeau et Cie. Paris, musée des Arts décoratifs, coll. Ufac, don Christian Dior, 1958. Inv. UF 58-29-1

 

 

 

Infos pratiques

Centre National Jean Moulin
Petites formes mouvantes et émouvantes
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