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César à l’Eléphant Paname

César à l’Eléphant Paname

10 juin 2013 | PAR Nilufar Hebras

flyer expo

Une exposition César a lieu à l’Eléphant Paname, espace artistique jusqu’à présent inconnu de nous, et découvert avec plaisir à cette occasion. Il nous offre la possibilité de rencontrer une sélection d’oeuvres du sculpteur en toute intimité. 

L’éléphant Paname est un espace dédié à l’art, ouvert en septembre dernier par deux frère et soeur, danseuse et plasticien, qui ont émis et exaucé le voeu d’un lieu où ces arts pourraient se rencontrer. Ils ont donc réaménagé cet hôtel particulier laissé à l’abandon entre la place Vendôme et l’Opéra. Cet espace abrite désormais un studio de danse,  des salles d’expo et de spectacle, et un restaurant.

Rarement la possibilité nous est offerte de profiter aussi bien des oeuvres. Nous étions seuls dans l’exposition, havre de pénombre, de calme de fraîcheur dans le soleil brûlant de vendredi, libres d’avancer à notre rythme. La première partie de l’exposition rassemble en majorité des bronzes et quelques fers soudés, sur une très large période, puisque « le petit Valentin » date de 1957, et « la petite nana au sexe féminin » de 1997, soit un an avant la mort de l’artiste. On ressent devant  ces sculptures, toutes issues de collections privées, l’inventivité, la liberté de création de César, qui exploite toutes les possibilités que lui offre le matériau. L’humain, la machine et l’animal se côtoient dans ces créatures, sans jamais se mêler complètement, laissant très apparent le travail de fabrication artistique.

La scénographie surprend: le sol et les murs de la salle sont noirs, la lumière vient d’une voûte étoilée et de spots dirigés sur les sculptures, dont certaines sont exposées au milieu de carrés d’eau où se reflètent les étoiles, avec un jeu d’ombre et de lumière, plus ou moins réussi. Certaines sont perchées en hauteur, auxquelles mène un escalier. Si l’on se dit, dans une sorte de réflexe critique, que cette installation ne fait peut-être pas véritablement sens, on oublie vite cette idée devant le fait qu’on s’y sent bien, que les oeuvres sont mises en valeur, le doré sortant de l’obscurité, dans une ambiance propice à une lente déambulation. Aucun texte ni cartel, juste un papier distribué à l’entrée avec le nom et la technique des sculptures, qui renvoient à des numéros. Seulement les oeuvres et soi, on aimerait ça plus souvent.

On rejoint la 2e partie de l’expo au 3e étage par un ascenseur très atypique. On quitte la pénombre de la première partie. Là, dans ce qui tient lieu habituellement de salle de danse, quelques oeuvres empruntant d’autres techniques, issues des expériences de l’artiste sur différents matériaux. Ces oeuvres semblent détonner complètement avec la première partie, mais relèvent d’une même recherche sur le matériau, comme dans ses « portraits-autopotraits » en « polychlorure de vinyle thermoformé », ou dans les compressions. Une video rassemble quelques archives où César s’exprime, toujours avec la sincérité, simplicité et humilité qui sont les siennes, tandis que les questions des interviewers apparaissent par contraste à la fois trop complexes et naïves.

Un moment et un lieu très agréables, dont on peut profiter jusqu’au 4 août.

Visuel (c) : affiche de l’exposition

Soirée de solidarité au journal l’Humanité au Café de la Danse, jeudi 13 juin
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Nilufar Hebras

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