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« Brassaï, pour l’amour de Paris », une balade intimiste dans les rues parisiennes

« Brassaï, pour l’amour de Paris », une balade intimiste dans les rues parisiennes

08 novembre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=4]

Après Robert Doisneau ou Willy Ronis c’est au tour du grand photographe Brassaï d’investir l’Hôtel de Ville de Paris le temps d’une exposition « Brassaï, pour l’amour de Paris ». Un regard curieux, des ambiances nocturnes, des lieux insolites, voilà comment l’on pourrait qualifier le travail de Brassaï à Paris. L’exposition retrace la passion qui a uni pendant plus de cinquante ans Brassaï l’écrivain, le photographe et le cinéaste aux coins et recoins de la ville lumière.

Gyulus Halasz prend le nom de Brassaï lorsqu’il commence à photographier en 1929. Son voyage à Paris quand il était plus jeune l’a vraiment marqué et notamment sa rencontre avec Buffalo Bill qui a installé son cirque gigantesque au pied de la tour Eiffel et qui induira son goût pour les saltimbanques. Il rejoint alors Paris en 1924 après ses études d’art à Berlin pour s’imprégner de cette ville.

L’exposition qui se tient dans la majestueuse salle Saint-Jean (5 rue Lobau) de l’Hôtel de Ville est composée de ces différents moments qui ont marqué Brassaï à Paris. On débute par « Le Paris de Marcel Proust », le Paris de 1900, celui de la Belle Époque. Il photographie les enfants jouant au bateau sur le plan d’eau du jardin du Luxembourg, celui-ci sous la neige ou bien les aventures des couples : les couples en gala à l’Opéra, en soirée chez Maxim’s ou en soirée dentelle au Musée d’Art Moderne. Il n’en oublit pas la vie de tous les jours, celle qu’il contemple tel un « street-photographer ». On y retrouve alors un photographe ambulant, un marchand de ballons ou bien encore des lecteurs dans les jardins publics. Il se rend ensuite aux courses de Longchamp où il photographie les toilettes féminines, les chapeaux haut de forme et les gants blancs des riches propriétaires. Puis enfin on découvre une belle série de son travail sur les feux d’artifice, la tour Eiffel et la place de la Concorde.

Brassaï avait également pour passion les graffitis. Il arpente alors Paris de nuit et note sur un petit carnet le lieu où il découvre les graffitis, la date, leur aspect et leurs transformations. Les marches nocturnes lui donnent aussi l’occasion de se pencher sur le « Paris des années folles » mêlant le Paris de nuit et le Paris secret. Il photographie alors des scènes de rue, des filles de joie, des couples dans les bistros, au Bal Musettte des Quatre Saisons et réalise toute une série de photos avec un grand travail sur les ombres et la lumière. Les pavés parisiens, les grilles du Luxembourg, le mur de la prison de la Santé ou encore la Seine, tout est propice pour faire jouer les reflets et les ombres. Le brouillard vient aussi l’inspirer pour livrer de belles photos dans un Paris inconnu.

On continue notre visite avec le cirque et saltimbanques. La fête foraine, le cirque Médrano, les halles à deux heures du matin ou encore le livreur de lait et les boucheries des Halles, tout attire l’oeil du photographe devenu parisien. On découvre ensuit la relation amicale qu’il entretenait avec Picasso qui lui ouvrit les portes de ses ateliers successifs. On aperçoit alors Simone de Beauvoir au café de Flore, Picasso à la brasserie Lipp ou encore Dali et Gala dans leur appartement. Il s’essaie également aux nus et nous présente les coulisses des Folies Bergères où la nudité des corps féminins est partout.

Enfin on termine l’exposition avec le « Paris Éternel », celui du flâneur. Ici c’est au tour du Paris de jour d’être mis en valeur. Brassaï se balade et nous entraine avec lui au fil de ses photos. La rue de Rivoli, la Gare Saint-Lazare, les berges de la Seine ou encore le jardin des Tuileries, on est promené avec passion dans le Paris d’avant-guerre. Il faudra bien évidemment mentionner sa particulière attention envers les animaux comme les chiens et les chevaux. Cette curiosité pour les animaux l’a incité à réaliser un court métrage « Tant qu’il y aura des bêtes » (diffusé lors de l’exposition) qui a été primé au Festival de Cannes en 1956.

Une exposition qui mélange donc les intellectuels, les artistes, les grandes familles, les enfants, les animaux, les prostituées et autres travailleurs de nuit. Une grande balade menée de main de maitre par le photographe qui arpente les rues de Paris tel un guide et nous fait découvrir un Paris que l’on ne connaissait pas ou que l’on avait oublié.

Du 8 novembre 2013 au 8 mars 2014.

De 10h à 19h du lundi au samedi.

Fermé les dimanches et les jours fériés.

Visuels © Estate Brassaï

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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