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[Avignon] La ballade sonore et visuelle de Philippe Ducros nous amène au cœur de l’Afrique

[Avignon] La ballade sonore et visuelle de Philippe Ducros nous amène au cœur de l’Afrique

13 juillet 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

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Philippe Ducros est un voyageur artiste. Il fait le tour de la misère, des lieux de rien où le beau surgit. C’est à l’ironie d’un sort bien décidé par la Belgique qu’il s’attaque à l’histoire du Congo, pays pauvre qui possède des richesses minières inégalées.

Le festival d’Avignon a depuis bien longtemps dépassé les frontières du théâtre et les arts plastiques y ont toute leur place. A l’école d’art, La porte de non-retour est composée de 20 photos auxquelles est adjointe une ballade sonore. Muni d’un casque, le visiteur, ou plutôt le voyageur actionne une télécommande qui lui donne le  récit accompagnant une photo ou une série de photos.

Nous sommes en 2008, en tout cas au commencement de cette histoire. Le photographe débarque en 2008 en Afrique de l’ouest, d’où sont partis les négriers. Les photographies sont toutes au grand format et elle se divisent en deux sortes : des portraits et des villes, ou des camps noirs de monde.

Un visage de femme nous saisit. Elle est belle et ce n’est qu’en écoutant la voix du récitant que l’on remarque sur sa joue une brève balafre. La photo se nomme « rituel ». Pour échapper à la traite, certains s’édentaient, d’autres traçaient une ligne au couteau sur leur visage. Tout au long du parcours on entre dans les récits de pays saccagés où la « dignité se vend au kilo ».

Beaucoup de clichés on été pris dans la rue Kinshasa et dans le camp de Mugunga en RDC. Tout ici semble en déplacement permanent. Les gamins qui courent, les paroles des femmes, les jeunes hommes chevauchant les camions pleins à craquer.

Philippe Ducros nous fait partager son monologue intérieur. Ses images deviennent récit et son récit devient image. Le théâtre surgit délivrant l’histoire d’un pays volé par Léopold II qui en fait son terrain de jeu. L’avenir n’aura été qu’une succession de guerres et de massacres. L’exposition arrive à transmettre sans larmoyer et vous embarque sans que vous vous y attendiez.

Voir tous les articles de notre dossier Festival d’Avignon ici

A l’école d’art, 7 rue Violette, Avignon

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