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A la redécouverte des années Folles de Foujita au Musée Maillol

A la redécouverte des années Folles de Foujita au Musée Maillol

08 mars 2018 | PAR Yaël Hirsch

Pour les 50 ans de la mort de Léonard Tsuguharu Foujita, le Musée Maillol confie à Sylvie Buisson et Anne Le Diberder une exposition qui permet de redécouvrir à travers des oeuvres réunies de 45 collections privées ce grand peintre de l’Ecole de Paris.

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Arrivé du Japon à Paris à la veille de la Première Guerre mondiale, Foujita a immédiatement rejoint la Ruche. Grand amateur de femmes (Tomiko, Youki,Madeleine…) et d’animaux (chats, chiens…), ce génie du dessin apporte tout l’art de l’estampe japonaise à la couleur de l’Ecole de Paris. Dans une scénographie majestueuse et feutrée signée Hubert Le Gall, le Musée Maillol se concentre sur 45 collections privées et sur les « années folles » de Foujita jusqu’en 1931 et son départ de France, pour donner à voir des pièces rarissimes; notamment les grandes compositions de la fin des années 1920

Le premier étage commence avec le portrait magistral de l’affiche, mais très vite, avec Foujita, l’on entre dans l’intime : son carnet de dessin, enfant, un portrait de lui enfant réalisé plus tard, l’impact de certains voyages et l’on mesure la distance parcourue entre son Japon natal et la France quand l’on découvre ses années « religieuse » où il interroge la tradition iconographique catholique pour l’exposition « Compositions mystiques » à la Galerie Chéron. Dès l’enfance, la minutie du trait est la chose la plus frappante chez Foujita : aussi bien sur des dessins que des toutes petites toiles du Montparnasse gris et pauvre de la Première Guerre que dans les couleurs lumineuses de l’été 1918 à Cagnes avec Soutine et Modigliani, sa maîtrise des formes impressionne. Evidemment l’on adore les autoportraits de ce dandy musclé aux deux boucles d’oreille, ainsi que la tendresse érotique du culte du modèle, qui touche à son paroxysme avec les nus de Youki. Mais on aime aussi le voir au milieu d’œuvres de ses proches de l’époque (Pascin, Soutine..) et aussi découvrir sa vision un peu étrange de l’enfance ou ses grandes toiles des années 1930 qui ressemblent parfois plus à du Kirchner ou du Grosz qu’à ce qu’on croit savoir de Foujita. Au rez-de-chaussée, les grandes compositions commandées pour le pavillon japonais de la Cité Universitaire coupent le souffle de blancheur et de précision du trait (elles sont aujourd’hui au Conseil Départemental de l’Essonne, tandis que le lien aux Arts décoratifs est bien suggéré et convaincant. Une exposition importante et qui fera date, à la redécouverte d’un artiste majeur.

visuels : Entrée de l’exposition (c) YH
Autoportrait © Fondation Foujita / ADAGP 2018 – Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacqueline Hyde
Yuki : © Fondation Foujita / ADAGP 2018

Infos pratiques

Musée Gaumont
Beaux Arts (Bordeaux)
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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