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« AD intérieurs 2014, Décors à vivre » : 16 décorateurs de renom revisitent grandeur nature les collections du Musée des Arts Décoratifs

« AD intérieurs 2014, Décors à vivre » : 16 décorateurs de renom revisitent grandeur nature les collections du Musée des Arts Décoratifs

14 septembre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Pour la 5ème année la revue de design et décoration AD investit le Musée des Arts décoratifs en donnant carte blanche à 16 décorateurs pour revisiter certaines pièces maîtresses du musée. Autour de cette pièce, ils brossent toute une atmosphère qui va du dressing au salon en passant par le bureau, pour un résultat aussi fascinant que divers. Une balade luxueuse dans 16 univers de déco d’avant-garde.

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Déambulant dans l’espace le plus monumental du musée, il vaut mieux sortir de chaque pièce pour entrer dans la suivante par la porte. A chaque fois, le principe est le même : le ou les décorateurs ont recréé une pièce de maison autour d’un objet venu des collections du musée.

Vibrant la virilité cultivée, le dressing d’un dandy de Tristan Auer s’organise en cube autour du Lustre monumental de Michel Boyer (1972). Des couleurs sombres et élégantes et un accordéon central de néons dessinent la géométrie d’un dressing parfait. A côté, c’est avec géométrie mais revisitée à la lumière des spacieuses années 1950 que Bismut & Bismut imaginent un salon de lecture autour du bureau du siège de Jacques Adnet.

Plus psyché, dans des formes ovales, avec projection et piano laqué, le Cabinet Alberto Pinto construit autour d’un petit guéridon « onirique » de Philippe Hiquily (1960) un salon de dégustation à la fois lunaire et intime. Proche de Miro, c’est néanmoins autour d’une sculpture d’Arman que Vincent Darré imagine un salon mis en caisse comme si les mondanités pouvaient se conserver comme les petites boites à curiosité que concoctaient dadas et surréalistes.

Nuageux en diable, blanc, spacieux et à la fois nébuleux comme un cheminement intérieur, le cabinet onirique de Noé Duchaufour-Lawrance met en valeur les dorures d’une vitrine 1900 de Georges de Feure. Absolument magique. Autour de vitrines « Fleuves » troisième empire, Gilles & Boissier imaginent un bureau dans une cabane qui allie raffinement féminin et classicisme français. Ode géométrique à l’Empire du milieu, le Pavillon chinois imaginé par François-Joseph Graf pour Fendi part d’un vase et un brûle parfum Ming pour atteindre les plus hauts degrés de l’élégance feutrée. Chevaleresque, très original avec son atmosphère gris, or et argent, le bureau présidentiel de Chahan Minassian ouvre l’ovale d’un salon officiel autour d’un bureau à écailles signé César (1966).

Colorée comme un dessert de grand pâtissier et lumineuse comme le désir, l’antichambre d’un séducteur de Luis Laplace part d’un bureau à gradins art déco de Clément Mère (1923). Chez Caroline Sarkozy et Laurent Bourgois lustres et tapis mènent au canapé Marie-Antoinette dans un cabinet d’une élégante toujours royale. Avec ses vitrines ouvertes, ses luminaires ronds et ses colorés clairs, le bar-bibliothèque d’Isabelle Stanislas part d’un coffre sarcophage de la Venise du 16ème sicle, ce qui ne l’empêche pas d’être une pièce à vivre ici et maintenant. Clair, géométrique et spacieux, le salon facetté de Pierre Yovanovitch joue la carte de la modernité, à partir d’un fauteuil de jardin Biarritz, signé Pierre Daniel¨¨ (1926. Enfin, nécessairement agrémentés de produits aesop, le salon de bains de Charles Zana suspend la géométrie d’une suspension d’Ettore Sittsass (1957) sur le marbre turquoise d’une vraie salle d’eau.

Sur votre chemin ne manquez pas les portes magnifiques qui ouvrent sur le salon de dégustation d’Alberto Pinto et la grille art nouveau du « jardin enchanté » de Miguel Chevalier.

visuels : yael hirsch

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