Arts
Dans les pupilles de Pascale Clark

Dans les pupilles de Pascale Clark

02 mai 2014 | PAR Bérénice Clerc

Pascale Clark, journaliste radio populaire et jalousée, tous les jours sur France Inter pour son  émission polymorphe « Comme on nous parle » de 9h à 10h, expose du 12 avril au 10 mai galerie Vincenz Sala une sélection de photos qu’elle prend tous les matins assise dans son taxi entre chez elle et la radio de 6h à 6h15 avant d’en partager une sur Twitter.

Paris se noie dans une coupe de pluie, entre la place de la République, le quartier du Temple et celui des Arts et Métiers, la galerie Vincenz Sala se meut en un radeau lumineux à l’escalier digne d’ « Alice au pays des merveilles ».

« 6am bonjour », des images de Paris, des traces de vie, une unité de temps, de lieu, d’action, le théâtre de Pascale Clark se lit en petites photos.

Dès les premiers cadres sa sensibilité au monde se révèle par l’image.

Les clichés tissent le fil d’un quotidien où les lumières de la nuit croisent les premiers faisceaux du soleil sur une tour Eiffel danseuse, un Opéra hanté par des notes de brouillard, une place de la Concorde happée par le mouvement de sa grande roue, le métro aérien surplombé par des enseignes à bas prix, des gouttes de pluie sur une vitre de chagrin, la capitale s’égrène, sans démonstration ni fard, dans la rétine de Pascale Clark.

Une sorte d’urgence se dégage des photos, une immédiateté à vivre, capturer le temps, fuir la peur, tenter la douceur, sentir monter la mélancolie, ne pas trembler, se laisser saisir par une nostalgie enfantine, caresser l’instant, oser la tristesse d’un paradis perdu, le partager, retrouver la joie, la tendresse, le plaisir, les couleurs, la fantaisie, rêver, rire, aimer… Comme Œdipe aveugle Pascale Clark n’a pas d’autre choix que de voir tout.

Elle montre dans ses images simplement « tweetées », sans contrôle égocentrique ni voile, un quotidien intime, pudique, une fragilité cachée en apparition discrète, un flou intérieur sensuel figé  sur le papier au grain vibrant.

 Paris miroir, matrice gorgée d’émotions, un carnet de réel en images poétiques, mémoire, géographie intérieure aux lignes flottantes sans limite si ce n’est celle du cadre.

 La nuit se love dans le jour, le mystère insaisissable de l’introspection opère, Pascale Clark dévoile un moment de sa vie, elle se risque à l’action, livre une part d’elle-même, offre ses pupilles paupières ouvertes entre deux eaux, retient l’instant juste avant la naissance du soleil visible.

Les petits formats se suivent et s’accumulent, la visite de la galerie est agréable, un petit livre, un éphéméride iraient tout aussi bien à ces photos, ces moments partagés sur Twitter via le téléphone tiennent le choc du papier, on pourrait presque croire à des dessins oniriques.

Certains critiquent la démarche photographique de Pascale Clark sur internet, on lui reproche le flou, on lui reproche beaucoup de choses sans aucun lien avec la photo, peut-être d’être une femme libre, pensante , exigeante forcenée, sincère à n’en pas douter … La critique est facile, l’acte difficile !

Pour vous faire votre propre point de vue, n’hésitez pas à plonger dans l’encre de ses images, prenez la route de sa boite à musique visuelle avec légèreté et si l’envie vous prend, suivez-là sur Twitter pour une dose matinale quotidienne.

Cerise sur le magnifique gâteau parisien photographique, vous pouvez rencontrer Pascale Clark et deviser librement de ses images vendredi 9 mai de 18h à 20h galerie Vincenz Sala.

Visuels (c) Bérénice Clerc.

Infos pratiques

Festival Perspectives
Compagnie le Soleil des Abysses
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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