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[Live Report] En direct d’Austin, retour sur SXSW 2017

[Live Report] En direct d’Austin, retour sur SXSW 2017

26 mars 2017 | PAR Eric Debris

Trente ans après la première édition de South by Southwest, que reste-il de l’esprit qui animait le festival à ses débuts ? Nous avons envie de dire « pas grand-chose ». Créé en 1987 à l’origine pour mettre en valeur la scène musicale locale, à force de diversification, SXSW a perdu le lien avec ses racines et probablement avec ses participants, professionnels ou amateurs. Les chiffres ne sont pas encore publiés mais à première vue il y a eu moins d’artistes présent cette année que les années précédentes, moins de clubs, moins de films et certainement moins de participants badgés.

Ce dernier chiffre étant depuis l’année dernière difficile à vérifier puisqu’il est maintenant combiné soit avec les bracelets donnés aux artistes ou, selon les statistiques, aux tickets vendus à l’unité pour accéder aux concerts…  Moins de stars internationales, beaucoup moins de gros sponsors et leurs envahissants événements parallèles, l’expansion exponentielle semble marquer le pas depuis 2015. Si c’est le fait des organisateurs, ce n’est pas assez visible pour avoir un impact positif, si c’est le fait du public, des professionnels, des artistes et des sponsors, il va falloir que SXSW se réinvente au plus vite.

Coté cinéma, le festival n’ayant pas su trouver une identité propre, SXSW continue de courir après Sundance. En 2015, année où le plus grand nombre de films furent présentés, on pouvait croire que les organisateurs, s’étant rappelés les racines musicales de SXSW avaient mis l’accent sur les films liés à la musique. Deux ans après, cette orientation ressemble plus à un incident de parcours due au hasard.

On retiendra California Dreams, une comédie documentaire, centrée sur Cory Zaccharia et son rêve Hollywoodien qui, comme pour les autres protagonistes, lui permettra de réaliser la vie qu’il essaye de s’inventer. Touchant, malin, et formidablement bien joué. Lake Bodom un « slasher » Finlandais qui n’en est pas un. Premier film d’horreur produit en Finlande depuis dix ans Lake Bodom est un hommage au genre, mais avec une histoire basée sur un fait divers, de vrais surprises, des images magnifiques et une bande son remarquable. A voir quand il sortira en France, même si vous n’êtes pas amateur du genre. 68 Kill : $68,000 et tout part de travers, réjouissant et une accolade du public puisqu’il a obtenu le prix du « Best Midnighter ». Ovidie présentait son documentaire Pornocratie centré sur la destruction de l’industrie du X traditionnelle et la paupérisation de ces intervenants, pour une grande part due à la main mise qu’exerce maintenant des industriels venus de l’informatique, aidés en cela par des financements opaques. Etait aussi presenté Kim Dotcom: Caught in the Web, le documentaire consacré à Megaupload le site rendu responsable de tous les maux par l’industrie du disque et celle du cinéma. Il est intéressant de voir la différence de traitement par la justice, du même genre de problème pour d’un coté une industrie respectable et de l’autre pour ce qui l’est beaucoup moins au regard de l’opinion public et politique.

L’entêtement des patrons de SXSW à vouloir empiler trois festivals et conférences dans l’espace de neuf jours continue d’être absurde. Même affublé du Platinium Pass ($1745) qui vous donne accès prioritaire à l’ensemble du festival, il est impossible de suivre Film, Interactif et Musique, le chevauchement des trois conférences rendant cela impossible. Comme les années précédentes, l’Interactif  se résumera pour nous à quelques présentations privées et au Trade show. Rien de bien novateur de ce coté, depuis trois ans, l’essentiel tournant autour de la réalité virtuelle. Le Trade show a par ailleurs de plus en plus des allures de concours Lépine.

Côté musique, on vraiment bien aimé SINE un groupe d’Austin glam rock et electro, Sextile, post-punk californien, Dead Leaf Echo, dreamy psyche shoegazing pop et David Vincent  qui depuis son départ de Morbid Angels et son déménagement à Austin fait dans la country coté rebelle / hors la loi, les Belges The Sore Losers, Future Punx, Daddy Long Legs, Tennis System, les californiens anglophiles Dear Boy, No Joy, psychédélique shoegaze canadien, ou Leopold and his Fiction et Cheetah Chrome qui a joué la quasi intégralité du premier album des Dead Boys avec Bobby Liebling dans le rôle de Stiv Bator.

On passera rapidement sur Royal Trux. Quand on est trop défoncé sur scène c’est souvent pathétique et c’est surtout se moquer du public. S’ils ne s’appelaient pas Royal Trux, ils se seraient surement fait jeter de scène après trois ou quatre titres.

Le festival s’acheève à la brasserie française Justine’s qui organisait un concert/projection de films avec le bluesman du Mississipi Cedric Burnside,  Rocco Deluca qui a signé la bande originale du documentaire projeté ce soir là : Sugar and Spade consacré à « Spade » George et Austin « Brown Sugar », leur amitié et leurs Harley Davidson et pour finir SSHH, le groupe de SSHH Liguz et Zak Starkey.

En espérant, que SXSW fasse plus envie l’année prochaine.

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Eric Debris

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