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[Interview] « Profondeur de Champs » fête ses deux ans au Petit bain, le 12 avril

[Interview] « Profondeur de Champs » fête ses deux ans au Petit bain, le 12 avril

24 mars 2014 | PAR Yaël Hirsch

Magazine culturel en ligne participatif, Profondeur de Champs, offre un prisme profond propose un regard pointu et … profond sur tous les arts et sur l’actualité. Alors que ce support collègue et ami fête ses deux ans, le 12 avril au Petit Bain, c’est l’occasion pour Toute La Culture de rencontrer les deux jeunes cerveaux aux manettes de ce hublot salutaire sur la grande mer de la création : Paul Grunelius et Quentin Jagorel.

Bonjour Paul, bonjour Quentin, vous pouvez vous présenter chacun et nous expliquer quand votre chemin a rencontré la revue « Profondeur de Champs » ?

Quentin Jagorel : Je suis un Breton de 22 ans, étudiant à Sciences Po & HEC. Cinéaste à mes heures perdues, j’ai réalisé plusieurs films : des courts et moyens-métrages ainsi que quelques documentaires. En réalité notre chemin n’a pas rencontré la revue, c’est nous qui avons tracé notre route pour que la revue voie le jour ! L’idée de « Profondeur de champs » nous est venue, il y a deux ans, en mars 2012 : à l’époque, toute notre bande d’amis était éclatée à travers le monde (troisième année d’échange oblige) et nous ne pouvions plus avoir, comme à Paris, ces conversations entre nous, à la sortie d’une salle de cinéma, à la fin d’un concert, à la lecture commune d’un livre. Cela nous manquait. Nous avons donc voulu créer un espace de partage, où chacun pourrait contribuer à sa manière, selon ses inspirations, mais toujours avec le souci de porter un regard personnel sur les choses. « Profondeur de champs » était né, et la communauté prête à s’élargir !

Paul Grunelius : Bonjour ! Pour ma part j’ai grandi à Paris et suis étudiant à Sciences Po. Mes « heures perdues » sont pour beaucoup consacrées à la musique : beaucoup de BO pour des courts et moyens-métrages, mais aussi divers projets plus ou moins expérimentaux (les derniers en date étant une collaboration orchestrée par la Gaîté Lyrique ainsi que ma signature sur la label Einmaligkeit).
Oui ce qui est intéressant c’est qu’au départ, il y a deux ans, ce projet a commencé sans véritable ambition grand public mais comme un espace rédactionnel où on échangeait entre amis. Mais après quelques mois à peine, nous avions déjà une trentaine de plumes – dont une grande partie que nous ne connaissions pas avant et qui nous ont contactés pour rejoindre le projet – qui contribuait à Profondeur de champs. C’est là que nous avons commencé à « professionnaliser » notre démarche, multiplier les partenariats, développer notre communauté, se constituer association, lever des fonds, créer une vraie identité visuelle.

Vous dites être un site culturel 100 % participatif, qu’est ce que ca veut dire ?

PG : Cela veut dire que le contenu est grandement dicté par les rédacteurs eux-mêmes, et pas par nous. Nous avons un rôle d’encadrement, de conseil et d’organisation et hiérarchisation des publications, mais nous ne passons jamais de « commandes » auprès d’eux. L’idée ici est que le participatif peut et doit être vecteur de qualité. Il est la possibilité – et selon nous la condition – de rassembler le talent d’une communauté d’ « amateurs » au sens noble du terme, de micro-specialistes excellemment bien documentés sur les sujets les plus variés.

QJ : Chacun peut soumettre ses textes (notamment via un module disponible sur le site) et les voir publiés après relecture, correction et validation. L’idée est vraiment de recueillir un maximum de voix différentes, donc de sensibilités uniques et variées. Nous avons bien sûr des rédacteurs récurrents, des contributeurs-phares, mais chacun peut participer.

100 auteurs, ce n’est pas trop difficile à encadrer ?

QJ : Oui et non. Comme le fonctionnement du site est participatif, le rapport que nous entretenons avec nos rédacteurs – une centaine, en effet – n’est pas du tout celui d’une rédaction classique. En fait, on essaie de voir chaque nouvel article reçu comme un petit miracle : les gens écrivent quand ils le désirent, sans rétribution et sans obligation. C’est donc très détendu, même si l’encadrement est indispensable. On passe donc beaucoup de temps à relancer nos contributeurs, à les aiguiller, à répondre à leurs attentes, à corriger leurs textes. Mais c’est un plaisir !

PG : Oui, c’est là tout le bonheur et la difficulté d’une telle liberté éditoriale : on reçoit des papiers absolument merveilleux de détails et de recherche mais qui demandent un travail considérable, lequel n’est pas rémunéré. C’est donc pour nous un vrai travail de gestion et de conseil de notre communauté de rédacteurs, et ensuite d’organisation cohérente du calendrier de publication.

Comment décririez-vous votre ligne éditoriale ?

QJ : Elle est résumée par notre devise, extraite des « Nourritures terrestres » de Gide : « Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée ! ». C’est vraiment ça : on peut parler de tout, dans le champ de la culture, mais avec un regard qui nous appartient, qui a une pertinence, une valeur ajoutée. Plusieurs champs, donc des thématiques très larges, mais toujours dans la profondeur du regard.

PG : C’est exactement ça : un regard original et porteur de valeur ajoutée.

Quelle est votre originalité ?

QJ : Profondeur de champs (PdC pour les intimes), ce n’est pas seulement l’idée d’un contenu participatif, ni d’une exigence intellectuelle, c’est aussi une communauté. Au cours des mois, nous avons bâti une base de lecteurs et de contributeurs fidèles, nous avons fait plein de rencontres. PdC existe par et pour les gens qui font vivre la revue.

PG : D’autre part, nous ne faisons pas – ou très peu – d’actualité. Nous n‘en avons pas les moyens en terme de rythme de publication (un à deux articles par jour), et nous pensons que ce n’est pas là notre rôle : beaucoup de sites et blogs le font déjà très bien. Ce qui nous intéresse c’est de proposer des articles profondément inédits, originaux et – autant que nous le pouvons – « intemporels ».
Enfin, nous soutenons à travers notre rubrique « Création originale » de nombreux jeunes artistes. C’est là aussi selon nous le rôle d’un magazine culturel : donner de la visibilité à des créateurs de talents.

Vous vous réunissez souvent « en vrai » ?

PG : Le bureau de la rédaction – composé de neuf personnes – se réunit tous les deux mois pour fixer et corriger les grandes orientations stratégiques et éditoriales. Nous faisons aussi plusieurs dîners de la rédaction par an, avec les rédacteurs les plus impliqués dans le projet. Et de manière générale, nous sommes en contact avec l’ensemble de l’équipe plusieurs fois par semaine, par mail, téléphone etc.

QJ : Quant à nous deux, les rédac chefs, oui très souvent. Nous sommes très amis, ça aide !

Quelle est la place du graphisme, du visuel des photos ?

QJ : Elle est centrale. Notamment avec notre nouveau site qui laisse une large place aux photos. Une partie importante de notre audience est générée via Facebook, et on connaît l’importance du visuel sur les réseaux sociaux. C’est souvent la problématique majeure, au moment de la mise en page d’un article : comment l’illustrer efficacement, élégamment et avec pertinence ?

Vous couvrez beaucoup de festivals ? Lequel préférez-vous ?

PG : Oui, nous avons envoyé des rédacteurs dans de nombreux festivals, concerts et événements pour lesquels nous étions accrédités ces deux dernières années. Difficile de les départager, mais je dois dire qu’il y en a un dont l’éclosion est assez impressionnante c’est le This Is Not A Love Song Festival à Nîmes : créé l’année dernière avec un line-up vraiment bon, il revient en 2014 avec une affiche impressionnante (The Brian Jonestown Massacre, Neutral Milk Hotel, The Black Lips, Slowdive). Je pense qu’il est amené à devenir un des rendez-vous incontournables de la musique indépendante en France.

Vous êtes Parisiens ? Européens ? Mondiaux ?

Citoyens du monde. (Rires)

Comment fêterez vous vos deux ans, le 12 avril?

PG : La soirée du 12 avril est musicale et sera précédée d’un vernissage au Petit Bain présentant l’œuvre photographique, plastique et vidéo d’artistes soutenus par Profondeur de champs. Nous avions à cœur de faire de cet événement une manifestation résolument pluri-artistique, à l’image de la ligne éditoriale que nous défendons depuis deux ans.

Pouvez-vous nous parler des groupes que vous avez choisis ?

PG : Il y a deux points communs aux trois collectifs ou DJs que nous avons conviés pour cette soirée : ce sont des artistes dont nous sommes à la fois absolument fan du travail – Cracki Records est le label parisien de référence depuis deux ans maintenant ; Mawimbi quant à eux sont clairement un des collectifs les plus intéressants et hyperactifs de l’année ; enfin Cleymoore est un producteur et DJ qui a une compréhension de la musique électronique d’une finesse rare –, et nous avons eu la chance de tous les rencontrer personnellement à travers Profondeur de champs.
Le tout donne donc selon nous un line-up très cohérent, pour une soirée qui oscillera entre house et techno.

Si vous deviez résumer l’ambiance que vous souhaitez pour la soirée du 12 avril, quel adjectif choisiriez-vous ?

QJ : Profonde.
PG : Champêtre.

visuel © Profondeur de champs

Infos pratiques

Bibliothèque Publique d’Information (BPI) du Centre Pompidou
Petit Journal Montparnasse
petitbain

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