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Les conséquences culturelles des manifestations des gilets jaunes

Les conséquences culturelles des manifestations des gilets jaunes

07 décembre 2018 | PAR Gabrielle Degeorge

A la suite des saccages causés la semaine dernière par les manifestants des gilets jaunes, plusieurs institutions culturelles fermeront leurs portes ce weekend.

Le combat des gilets jaunes continue et, semble-t-il, reprendra de plus belle ce samedi. Après les dégâts causés le weekend dernier, de nombreuses institutions culturelles ont choisi de fermer leurs portes samedi et dimanche prochains par mesure de sécurité.

Le 1er et 2 décembre dernier, le ministre de l’intérieur avait estimé le nombre de manifestants à 136 000 dans tout le pays et à 30 000 dans la capitale. Cependant, dû à l’anarchie au sein même du mouvement, il est difficile d’estimer exactement combien de personnes défileront cette fois-ci. Apparu il y a environ trois semaines, le mouvement s’est formé à l’origine en contestation aux décisions du gouvernement d’augmenter le prix du pétrole et du diesel. Depuis il semble s’être métamorphosé en un mouvement de contestation généralisé, qui réclame non seulement l’annulation de cette nouvelle taxe, mais la destitution d’Emmanuel Macron et la dissolution du gouvernement actuel. Cependant, le mouvement n’étant pas unifié, il est difficile de cerner ses buts exacts. Une rencontre entre deux de ses représentants et le premier ministre Édouard Philippe a été annulée ce mardi après que les représentants en question aient supposément été menacé.

Samedi dernier, les gilets jaunes ne se sont pas cependant contentés de défiler les rues en protestation, et ont causé des dégâts à travers la ville. Ils ont notamment mis feu à un véhicule devant la galerie du jeu de Paume et ont causé des dégâts au bâtiment lui-même, brisant plusieurs fenêtres.

L’arc de triomphe, symbole de la république, a aussi été saccagé, certains individus ayant réussi à monter au sommet de l’arc, détruisant du mobilier sur leur chemin et abîmant plusieurs statues, dont un moulage datant de 1899 représentant Marianne.
Philippe Bélaval, le président du Centre des monuments nationaux, avait expliqué que le monument serait exceptionnellement fermé au public le lendemain pour réparer les dégâts causés.

Le président de la république s’est également exprimé à la suite des événements pour dire que « les coupables de violences seront identifiés et tenus responsables de leurs actes devant la justice ».

En effet, au total 378 personnes ont été placées en garde à vue à Paris le weekend dernier. Ce mardi, ces personnes ont été jugées en comparution immédiate. Ce sont surtout des hommes jeunes, dont un mineur, qui se sont montrés devant le juge. La plupart semblaient totalement déboussolés, plus tout à fait sûr de la raison qui les avait poussés à agir ainsi quelques jours plus tôt.

Cette semaine, les institutions culturelles parisiennes ont pris les précautions nécessaires : le théâtre national de Chaillot, place du Trocadéro sera fermé pour la journée pour raisons de sécurité, la journée de projections et de débats prévue le 8 décembre en partenariat avec Arte étant ainsi ajournée. Le musée du Petit Palais,  situé près de l’avenue des Champs-Élysées, sera lui aussi fermé au public, ainsi que la crypte de la cathédrale Notre Dame, la maison Victor Hugo et le musée Carnavalet.

Ces annulations ne se limitent d’ailleurs pas à la métropole : à l’île de la Réunion, le festival Total Danse s’est lui aussi vu contraint d’annuler toutes ses représentations cette semaine.

Pour le moment, le mouvement ne semble pas près de s’abattre, et il reste difficile d’estimer combien de temps ces mesures de précautions seront nécessaires.

Visuel: © Creative Commons

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Gabrielle Degeorge

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