Fair-play joue l’humour scabreux au Rond-Point

17 juin 2016 Par Araso | 0 commentaires

Le surdoué du mime («Franito», «Cocorico») et humoriste Patrice Thibaud reprend «Fair-play», créée en 2012 au théâtre de la Comète – Scène nationale de Châlons-en-Champagne. Il y retrouve son acolyte depuis de nombreuses années, le multi-instrumentiste au physique de jockey Philippe Leygnac. Nous voici donc aux jeux olympiques version mi-mime, mi-cabaret, quelque part entre les années 60 et l’ère du téléphone portable, et tous les coups sont permis, littéralement. 

Note de la rédaction :

Patrice Thibaud pioche régulièrement dans l’univers de Jacques Tati pour imaginer ses spectacles. «Fair-Play» respire Louis de Funès et les blagues bon enfant, avec leurs lot d’accent racistes et misogynes, traits d’humour très en vogue dans une certaine France des années 1960-70. Ainsi, les vannes sur les athlètes africains, japonais et chinois feront beaucoup rires les adeptes du genre, les autres un peu moins. La scène rejouée de «La Grande Vadrouille», que les moins de vingt ans ne pourront pas connaître détendra l’atmosphère. Non, ces vannes n’ont pas émergé de la conscience d’un homme qui vit en 2016. Elles sont simplement empruntées au passé. Donc tout va bien, n’est-ce pas? Demandera-t-on à son voisin, perplexe.

A part ce «détail», le tout est incroyablement bien exécuté. Patrice Thibaud est un mime remarquable qui campe à merveille les vieux entraineurs tir-au-flanc et grivois. La scène de l’équitation est absolument impayable et son tandem avec Philippe Leygnac fonctionne à la perfection, façon Laurel et Hardy en plus contemporain. Philippe Leygnac peut absolument tout faire. On le pense circassien, on le découvre multi-instrumentiste, jouant d’une main du piano, de l’autre de la trompette, de toutes sortes de percussions et capable de reproduire une boîte à rythme juste avec sa bouche.

«Fair-Play» est un spectacle qui use et abuse de l’adage qui veut que ce soit dans les vieilles marmites que l’on cuisine les meilleures recettes. Malgré une technique imparable, il est très peu créatif et a l’humour qui, même au second degré, laisse un goût amer.

Visuel © Stéphane Trapier


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