
« Maison des autres » de Silvio D’Arzo : une dureté si légère
Silvio D’Arzo, écrivain itlaien à la vie brève et à la production par conséquent limitée, a écrit « Maison des autres » à la fin des années 1940. Peu connue du grand-public, la nouvelle a pourtant un statut à part chez les lettrés italiens (détaillé dans la préface d’Attilio Bertolucci).
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Dans un paysage à la Giono, une montagne dure et pauvre où la vie est faite de recommencements, de monotonie et de labeur, Silvio d’Arzo introduit avec un brin de malice des éléments perturbateurs d’un quotidien apparemment immuable.
Sans retournement excessif, sans éclat déplacé, les deux nouvelles (« Maison des Autres » et « Un moment comme ça ») analysent ce que ces changements produisent dans un univers clos. L’auteur peint avec précision la lâcheté, la mesquinerie et les petits accommodements des personnages. Mais précision ne rime pas avec froideur, et la pointe d’ironie que l’on devine derrière certaines tournures de phrases ajoute de la légèreté aux textes.
Solidement organisées, parfaitement écrites, ces nouvelles se lisent avec plaisir. Pour ne rien gâcher, la traduction rend tout à fait justice au texte, et c’est à souligner.
Silvio D’Arzo (traduit de l’Italien par Philippe Renard et Bernard Simeone), Maison des Autres, éditions Verdier, Mai 2015 (poche), 96 pages, 6,20 €
© visuel: couverture du livre