[Cannes 2016, Jour 5] L’ennui mal de pierre, la magie courgette, le deuil à l’israélienne et la déception Jarmusch

16 mai 2016 Par admin | 0 commentaires

Soleil toujours radieux sur une croisette que le weekend met en ébullition. la journée a été riche de lumières, avec des pépites et quelques grosses déception. Notre point Cannes 2016 sur les événements du Dimanche 15 mai.

La séance du matin paraissait presque vide au Palais, peut être parce que 8h30 même pour voir la sublime Marion Cotillard, c’est tôt après une nuit de fête. L’adaptation du best-seller italien Mal de Pierres par Nicole Garcia est en effet un hymne à la comédienne révélée au monde par La Môme. Mais a l’écriture rugueuse et sensible d’une passion sarde, la réalisatrice a trouvé une forme filmique académique de jardin à la française. Une partie de l’action a beau se passer en cure et les costumes peuvent être sublimes, le tout semble tout de même dénué de rythme, de fougue et de vie. Un académisme redoutable dans lequel surnage l’excellent personnage du mari.

Pour lire notre chronique de Mal de Pierres de Nicole Garcia, c’est ici.

Du côté de la Semaine de la critique, One week and a day de l’israélien Asaf Polonsky a ému la salle au rire et aux larmes avec une comédie très bien écrite sur la plus terrible histoire du monde : un couple qui perd son fils de 25 ans d’un cancer. Après les 7 jours de deuil rituel où la famille reçoit proches et moins proches chez elle, lorsque reprendre la vie normale devrait être le programme, les deux parents ont chacun leur manière de tenter cette mission impossible. Véritable apparition dans sa robe pastel, Evgenia Dodina livre dans le film une belle performance et le duo comique Shai Avivi / Tomer Kapon marche très bien. Nous les avons rencontrés, avec les équipes de l’Eicar, et l’interview pleine de tendresse à venir incessamment sous peu sous forme vidéo.

A la Quinzaine des réalisateurs, Ma vie de Courgette, le film d’animation suisse de Claude Barras coécrit par Céline Sciamma bouleverse les codes du genre et a emporté l’enthousiasme du public.

Pour lire notre chronique de Ma vie de Courgette, c’est là. 

En soirée, la salle du 60e était comble pour une présentation survoltée par Thierry Fremaux du film de Chouf de Karim Dridi. A l’heure où Marseille illumine netflix sous forme de série, ce film présenté en séance spéciale propose une plongée  intéressante dans les mafias de la grande Phocéenne. Mais du générique « rappeux » aux clichés sur l’éducation de héros du film, en passant par le caractère ultra-balisé des clichés macho de gang, le film enchaîne les lieux communs. Même sa photo très léchée sonne faux : on aurait vraiment aimé être pris dans l’engrenage de  cette oeuvre dont le titre même nous engageait pourtant à voir et écouter. Dommage.

C’est dans le soleil couchant et dans le vieux port avec vue sur le Palais, que nous avons découvert une nouvelle boisson. la soirée de lancement de la vodka ultra-premium Black G sur le yacht Lady Jersey et apparemment elle compte poursuivre les festivités avec le Grand Prix de Monaco… Photos à regarder.

La dernière séance de la journée a été la plus décevante. Alors que les files d’attentes étaient immenses pour voir le nouveau Jim Jarmusch, en compétition, même de nuit et dans l’intimité, l’histoire du chauffeur de bus poète qu’incarne Adam Driver et de sa housewife de Golshifteh Farahani reste trop formelle pour émouvoir. Et la poésie? On en parle, mais à force de la surexposer et de vanter sa simplicité, on la tue. Résultat, on s’ennuie de ce Paterson qu’on aurait voulu beaucoup plus habité ou extrême. Jarmusch se rattrapera probablement avec son très attendu documentaire sur Iggy Pop, présenté en séance spéciale à Cannes, cette semaine.

Pour lire notre chronique de Paterson de Jim Jarmusch, c’est ici.

La soirée s’est finie sur une note de champagne avec un verre au Vertigo, le club qu’investit tous les soirs l’équipe de la Queer palm. Ambiace cosy et chaleureuse pour un débriefing sans tabou des films du jour.


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