[Interview] Christophe Aubas, directeur de Caumont Centre d’Art pour l’exposition « Les Collections du Prince de Liechtenstein »

2 février 2016 Par admin | 0 commentaires

A l’occasion de l’exposition Les Collections du Prince de Liechtenstein, au  Caumont Centre d’Art qui vient d’être prolongée jusqu’au 28 mars, nous avons posé nos questions à  Christophe Aubas, directeur du lieu.

Caumont Centre d’Art propose une exposition  sur les Princes de Liechtenstein. Quel est l’apport de cette famille à l’art ?

Régnant sur ce petit Etat situé entre la Suisse et l’Autriche, le Prince Hans-Adam II von und zu Liechtenstein possède aujourd’hui l’une des plus grandes collections privées d’Europe. Sous l’influence initiale du Prince Karl 1er dès le début du XVIIe siècle, les princes du Liechtenstein ont entretenu au fil du temps ce goût pour l’art occidental de la Renaissance à la fin du XIXe siècle. Ces collections qui comptent aujourd’hui quelques 1700 toiles et nombre de gravures, sculptures, tapisseries, mobiliers et objets précieux, continuent de vivre grâce à des expositions présentées aux quatre coins du monde (Tokyo, Singapour, Moscou,…) et à une politique dynamique de valorisation menée par le prince régnant. Ainsi, parmi les plus récentes acquisitions, sont à découvrir actuellement à Aix-en-Provence la Vénus de Cranach l’Ancien acquise en 2013, un Saint Sébastien du hollandais van Haarlem en 2010, les Collecteurs d’impôts de Quentin Massys en 2008, ou acquis plus récemment encore une Vierge à l’Enfant du Flamand Jan Gossaert.

Vous exposez notamment la magnifique Vénus de Lucas Cranach mais quels sont les autres chefs-d’œuvre présentés ?

L’exposition présente une sélection d’œuvres majeures des collections princières, retraçant l’histoire de la peinture classique du XVIe au XIXe. Les plus grands maîtres y sont ainsi représentés : de Cranach à Rembrandt, de Raphaël à Vigée-Lebrun.

Un espace est également réservé à Rubens dont la famille princière possède aujourd’hui une collection prestigieuse, avec pas moins de trente-cinq toiles du maître. Trois d’entre elles y sont exposées. Les visiteurs peuvent découvrir les autres toiles de cette prestigieuse collection, sur un écran tactile et une projection en haute définition.

Sans énumérer ici chacune des quelques quarante toiles de maîtres exposées à Caumont Centre d’Art, on pourrait citer le Portrait d’un homme de Raphaël, trois magnifiques chefs-d’œuvre de Van Dick, dont le somptueux portrait de Maria de Tassis, ou encore l’Amour à la bulle de savon de Rembrandt.

Des œuvres magnifiques, d’artistes moins célèbres, comme Judith tenant la tête d’Holopherne  de Cristofano Allori (1613) ou le Portrait idéal d’un guerrier en armure de Karel van der Pluym (1648), viennent compléter cette sélection et laissent entrevoir toute l’étendue de cette passion pour l’art de la famille princière, devenue mécène et amie des plus grands artistes, avec une incroyable fidélité au cours des siècles.

Où sont normalement conservées ces œuvres ? 

L’essentiel des œuvres des collections princières est conservé dans la forteresse médiévale de Vaduz, au cœur de la principauté du Liechtenstein. Mais une sélection est également accessible au public à Vienne, dans le Palais Liechtenstein et le palais-jardin de Rossau.

D’autres sont encore disséminées dans les différents lieux de villégiature de la famille princière.

Y-a-t-il une unité de temps et de techniques dans cette collection ou est-ce que au contraire cette collection permet de parcourir un large champ de l’histoire de l’art ?

L’exposition propose un parcours muséal à la fois chronologique et thématique.

Après un accueil par toute la dynastie du Liechtenstein en portrait, une grande galerie réservée aux œuvres du XVIe siècle, présente des tableaux de la Renaissance italienne, allemande, mais également flamande, hollandaise et même espagnole.

Puis vient la salle dédiée à Rubens, avant de découvrir le goût éclectique des princes, où transparaît la diversité stylistique et iconographique de la peinture entre le XVIIe et le XIXe siècle. Ainsi, sont mis en scène objets, animaux ou personnages mythologiques ou religieux.

Au niveau supérieur, le visiteur rentre dans l’intimité des princes : la projection des châteaux et palais princiers, l’évocation des cabinets de curiosité où s’amassent toutes sortes d’œuvres d’art et d’objets précieux. Un peu plus loin, une douzaine d’aquarelles représentant les architectures et intérieurs des demeures princières révèlent le goût des princes pour les décors.

Une salle est également réservée au siècle d’or de la peinture hollandaise et flamande, avec d’un côté Van Dick et Snyders, prestigieux collaborateurs de Rubens, et de l’autre Rembrandt et Frans Hals.

Les paysages et natures mortes du XVIIe siècle, alors considérés comme genres mineurs, furent néanmoins très appréciés des amateurs et de la famille princière. Une place particulière leur est réservée avec notamment des « Caprices » d’Hubert Robert et de Giovanni Paolo Pannini.

L’exposition s’achève ainsi dans cet univers princier, avec le portrait de descendants princiers, sous leurs traits d’enfants, de Friedrich von Amerling et de Ferdinand Georg Waldmüller, ou encore celui de la Princesse Karoline von Liechtenstein représentée en déesse Iris par Elisabeth Vigée-Lebrun.

Visuel : DR

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