
Lilith de Laetitia Lambert au Déchargeurs
Laetitia Lambert invente au Déchargeurs une femme en colére dans une pièce attachante qui reprend l’inventaire des revendications féministes et dresse un état des lieux pessimiste.
Lilith est le nom de la première femme d’Adam. Ce démon féminin de la tradition juive est devenu au fil des siècles par la littérature celle qui se révolte contre le machisme et le patriarcat, une égérie des féminismes.
Laetitia Lambert, rousse et belle comme la Lilith biblique joue cette femme en colère, bagarreuse, tout autant que fragile et émouvante. Femme indépendante elle part pour la première fois en week-end avec son compagnon. Elle tiendra le volant et le voyage sera l’occasion de faire entendre sa voix, de déplier les non-dits et les silences. Lilith va profiter de cette occasion unique de se livrer, de parler de sexualité autant que d’amour et de faire tomber les masques.
La mise en scène qui se veut électrique est un peu gauche mais les deux comédiens nous en dédommagent par leur engagement et leur talent (Laetitia Lambert est une déjà suffisante centrale électrique!). La pièce tient au plaisir du jeu des deux comédiens, et au sujet inépuisable des incompréhensions entre les hommes et les femmes. Chacun se reconnaitra dans ce personnage prototype de l’homme moyen qui n’aime pas se prendre la tête et préfère les non-dit aux querelles. Chacun se reconnaitra aussi dans cette flamboyante Lilith et découvrira que les femmes, au fond, ne sont que des hommes comme les autres.
Texte :
Mise en scène :