
Violaine Lochu métamorphose La Pop
Un de plus ! Après le Théâtre 14, la Péniche La Pop a elle aussi décidé d’ouvrir avec une proposition immersive qui nous place dans les mélodies torturées d’Orphée. Jusqu’au 12 juillet, entrée libre, jauge limitée à 6 spectateurs/auditeurs .
Dans votre sac cette fois en plus d’un masque il vous faudra des écouteurs avec prise jack. Vous le savez peut être, La Pop se consacre au son et particulièrement aux sons contemporains. La programmation de théâtre joue toujours le jeu d’une place forte donné à l’écoute et il en va de même pour les installations.
Violaine Lochu a donc conçu pour le plateau flottant Orpheus Collective. Elle “s’intéresse à la notion de voix « prophétiques », notamment celles émises par les enfants”. Cette oeuvre est le résultat d’une collecte de témoignages. Elle a interrogé 50 enfants ou adolescents entre 6 et 18 ans pour leur demander leur vision de demain.
Alors, on plonge littéralement dans cette installation, la cale est complètement vidée de ses gradins et l’espace semble ouvert jusqu’à l’infini. Un long couloir est dessiné par des draps blancs qui se parent de bleu, de rose, de vert. C’est une invitation à la traversée. De chaque côté du voyage se trouvent des canapés avec des connecteurs prêts à être branchés à vos casques. Il y a un écran qui montre des enfants jouant dans l’exposition et de l’autre côté, un autre écran diffuse des mots, sans image.
“Un mélange de cochon avec des ailes et des queues de souris”
Les mots des enfants ne nous parviennent pas directement. Ils sont dans nos casques, mais l’installation a son propre souffle, ses propres sons et mots. Elle ne se regarde pas avec un début et une fin mais se performe. Alors on se laisse prendre par quelques bonnes formules. Le monde futur ? Les voix répondent : “Un mélange de cochon avec des ailes et des queues de souris”. “Des licornes”. “Robots”.”Un monde merveilleux”. “Soit après le confinement ça va aller mieux soit c’est la fin du monde”. “Il y a que les enfants qui seraient en vie”….Les paroles ne sont pas rangées, elles nous parviennent, parfois même, l’image se tait et fait place à un chœur sans voix, puis un chœur qui babille.
A la façon d’Ovide, ce qui est dit prend des allures prophétiques : “ce qui est maintenant restera” ou autre exemple : “Je suis quelqu’un qui vient d’un autre temps”.
Et c’est vraiment à une bulle hors du temps que nous invite La Pop. Contrairement à Orphée on peut remonter les escaliers pour retrouver le pont, et se retourner sans risque. Alors, n’ayez pas peur, descendez …
Entrée libre jusqu’au 6 juillet, prolongation jusqu’au 12. Du mercredi au dimanche, de 13h à 19h,
Visuels : ©La Pop