Un « Fin de Partie » à ne pas manquer à l’Essaion

21 avril 2018 Par
David Rofé-Sarfati
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Nous revient l’adaptation de l’oeuvre de Samuel Beckett par le génial et regretté Jean Claude Sachot : Fin de Partie. La lecture singulière de Sachot et la performance des comédiens, en particulier le troublant Philippe Catoire assurent notre plaisir. 

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Aveugle et cloué à son fauteuil, Hamm n’a d’autre occupation que de tyranniser son esclave Clov. Au fond de la pièce ses parents relégués, prisonniers dans des poubelles interrogent leurs souvenirs.

L’univers lugubre de Beckett dit l’absurdité de l’existence et l’impossible vanité d’un monde où rien ne semble compter. Hors champ, la cuisine de Clov visitée par les rats et par les fenêtres le monde vide d’une humanité qui ne cesse de se mourir.

La force de l’adaptation de Sachot et qui la rend différente des autres se source d’abord dans une pureté du texte honoré par quatre comédiens impressionnants. Philippe Catoire comme un aimant central aveugle derrière ses lunettes noires magnétise ses partenaires et la salle. Gérard Cheylus, le père est surnaturel. Marie Henriau nous rappelle que parfois, elle est la mère de Emmanuelle Devos le talent est héréditaire. Jérome Keen apporte son talent à l’équipée, indispensable talent qui endure tout en renforçant celui de Catoire. Triomphe est donné à l’art du  théâtre.

Mais aussi, la force de l’adaptation est à rechercher, on la connait déjà dans le Godot de Sachot, dans l’absence du classique timbre atone des textes de Beckett. Sachot et son équipe ont su restituer le texte et son sous-texte et en extirper dans une incarnation rare la valeur la plus escamotée chez Beckett, l’amour, celui qui circule secrètement entre les personnages, celui toujours pourchassé et sans cesse raté.

C’est génial.

Auteur : Samuel Beckett

Mise en scène : Jean-Claude Sachot

Avec Philippe Catoire, Marie Henriau, Jérôme Ke, Gérard Cheylus, (en alternance) Pierre Sourdive Durée : 1h35