Editions du Seuil

Editions du Seuil

31 mars 2013 | PAR edition_du_seuil

Créé en 1935, sous le double signe de l’engagement intellectuel et du catholicisme social, Le Seuil connaît son véritable essor à partir de 1945. Dès lors, Jean Bardet et Paul Flamand, les fondateurs, façonnent un catalogue ouvert à tous les secteurs de la création et du savoir. En 1979, Michel Chodkiewicz fait fructifier l’héritage des fondateurs et, à partir de 1989, Claude Cherki mène une politique de développement éditorial et commercial.

La fidélité à ses origines, au brassage des idées, l’attention portée à son époque ont favorisé le renouvellement de la maison. La dimension spirituelle s’est perpétuée avec les collections dirigées par Emmanuel Mounier, avec Paul-André Lesort, ou encore Teilhard de Chardin. Dans les années 1960, Le Seuil prend part aux débats liés à l’aggiornamento de l’Église. Une réflexion sur la dimension sociale du religieux que poursuit aujourd’hui encore Jean-Louis Schlegel.

Le secteur politique reflète les luttes et les contradictions du monde contemporain. Les combats en faveur de la décolonisation, la volonté de saisir « L’Histoire immédiate » à partir des années 1960 (Jean Lacouture puis Jean-Claude Guillebaud), le soutien apporté à la littérature dissidente d’Europe de l’Est (Soljénitsyne), « Combats » de Claude Durand ou encore « L’épreuve des faits » de Hervé Hamon et Patrick Rotman, marquent, jusqu’à la période récente, cette attention critique à l’actualité politique, ce que confirme l’investissement intellectuel de la maison dans toutes les disciplines des sciences humaines.

François Wahl a, entre autres, permis le succès de « L’Ordre philosophique » (avec Paul Ricœur), du « Champ freudien » (avec Jacques Lacan). Jacques Julliard et Michel Winock fondent « L’univers historique ». Jean-Marc Lévy-Leblond reprend « Science ouverte ». Sans prétendre à l’exhaustivité, il faut mentionner encore « La Couleur des idées » (Jean-Luc Giribone), « Libre examen » (Olivier Bétourné), « Liber » (Pierre Bourdieu), « La Librairie du XXe siècle » (Maurice Olender). On y publie en sciences humaines des auteurs majeurs, tel Edgar Morin, Roland Barthes, Hubert Reeves, Georges Duby, Gérard Genette, Pierre Bourdieu, John Rawls, Jean-Pierre Vernant, Alain Badiou… Et puis il y a aussi les revues : Poétique, Actes de la recherche en sciences sociales, Pouvoirs, Le Genre Humain, etc.

C’est Jean Cayrol qui aura posé la première pierre du domaine littéraire avec sa collection « Ecrire » (1956). Les revues Tel Quel (Philippe Sollers) et Change (Jean-Pierre Faye) placent l’éditeur au cœur des débats d’avant-garde. En 1959, un an après qu’Edouard Glissant a été distingué par le Renaudot, un premier Goncourt récompense André Schwartz-Bart. La collection littéraire « Cadre Rouge » est d’abord animée par François-Régis Bastide. Elle est marquée par Didier Decoin, Patrick Grainville, Louis Gardel, Elie Wiesel, Erik Orsenna, Tahar Ben Jelloun, Andreï Makine… Depuis 1974, « Fiction & Cie » fondée par Denis Roche, repris en 2004 par Bernard Comment, mêle les genres avec Jacques Roubaud, Olivier Rolin, François Maspero, Christine Angot, Catherine Millet ou Thomas Pynchon.

Une forte lignée francophone singularise Le Seuil, avec Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Kateb Yacine, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Anne Hébert, Jacques Godbout, puis Nelly Arcan, Amadou Kourouma , Alain Mabanckou ou Charif Majdalani.

Très tôt, la littérature étrangère (« Cadre vert ») occupe au Seuil une place centrale, d’abord avec des œuvres venues d’Allemagne (Heinrich Böll, Günther Grass…). Ce domaine, aujourd’hui animé par Anne Freyer-Mauthner, Annie Morvan et Martine Van Geertruyden s’impose vite avec Gabriel Garcia Marquez, Italo Calvino, Carlo Emilio Gadda, John Updike, William Boyd, John Irving, John Michael Coetzee, José Saramago, Manuel Vázquez Montalbán, Arturo Pérez-Reverte, Antonio Muñoz Molina, Elfriede Jelinek…

Dans les années 1990, tandis que son appareil de diffusion-distribution se renforce, le périmètre éditorial du Seuil s’élargit. Jacques Binsztok monte un département jeunesse, tandis que Jean-Robert Masson puis Claude Hénard assurent le développement des Beaux-livres. Le littéraire s’étend avec Verticales (Bernard Wallet) et L’Olivier (Olivier Cohen). « Seuil Policiers », fondé par Robert Pépin et dirigé aujourd’hui par Emmanuel Vial, publie Georges Pelecanos, Michael Connelly et Henning Mankell. Les essais s’enrichissent avec « Les Empêcheurs de penser en rond » (Philippe Pignarre) ou « La République des Idées » (Pierre Rosanvallon et Thierry Pech).

Innovateur dans l’édition de poche avec Microcosme (1951), Le Seuil a mené à partir de 1970 une politique active de développement de la série « Points ». Un essor qui suit les évolutions du catalogue. Il débute avec des collections de sciences humaines, d’essais et de documents. Puis « Points Romans » et, dans les années 1990, la jeunesse et le policier. Un nouvel élan s’amorce en 2005, sous l’impulsion d’Emmanuelle Vial, avec une forte augmentation du nombre de titres et la création de nouvelles séries.

En 2004, La Martinière Groupe rachète Le Seuil. Une phase de transition voit la réorganisation autour de quatre pôles : Littérature et documents (aujourd’hui dirigé par Martine Saada), Sciences humaines, Images (Claude Hénard) et Poche (Emmanuelle Vial). Denis Jeambar prend les rênes en octobre 2006. Un nouvel imprint, Don Quichotte, sous la direction de Stéphanie Chevrier, imprime sa marque au domaine des documents grand public dès sa création en 2009.

Le 4 janvier 2010, Olivier Bétourné, qui était entré dans la maison comme éditeur en 1977, puis en était devenu le secrétaire général en 1984 avant de quitter la rue Jacob en 1992, prend ses fonctions de Président-directeur général. Le Seuil déménage au 25 boulevard Romain Rolland dans le quatorzième arrondissement de Paris.

Une nouvelle étape de l’aventure s’annonce.

Adresse: 25 boulevard romain rolland

Code postal: 75993

Ville: PARIS

Téléphone: 0140465050

Lien: Cliquer ici

Email du Lieu:

JOSSAUME JACK
Editions de l’Olivier
edition_du_seuil