Restaurants & Bars
Terence Hill lance à Paris le western-gelati

Terence Hill lance à Paris le western-gelati

07 août 2022 | PAR Nicolas Villodre

Après Amelia, Berlin et Dresde, Mario Girotti, dit Terence Hill, rafraîchit le boulevard Raspail. L’acteur de série B, réalisateur et producteur, célèbre pour ses prestations dans des westerns second degré au retentissement mondial aux côtés du Sancho Panza Bud Spencer, alias Carlo Pedersoli, disparu il y quelques années, vient d’ouvrir un glacier à Paris, entre La Rotonde et l’Alliance française.

Il mio nome è Nessuno

Jusqu’à sa rencontre en 1967 avec Bud Spencer, un champion napolitain de natation recyclé vedette de cinéma comme son modèle Johnny Weissmuler, Terence Hill avait figuré sous son patronyme dans de nombreux films, y compris sous la direction de metteurs en scène ayant marqué l’histoire du 7e Art comme Georg Wilhelm Pabst, Vittorio De Sica, Dino Risi, Mauro Bolognini, Mario Bava, Carlo Ludovico Bragaglia (le créateur du cinéma futuriste), Carmine Gallone (l’inventeur du péplum), etc.

Sous son nom d’artiste, le comédien a un second rôle dans Le Guépard (1963) de Visconti et commence à être connu avec le film Dieu pardonne… moi pas ! (1968) de Giuseppe Colizzi. Il tourne dix-sept opus avec son alter ego Bud Spencer, dont Lo chiamavano Trinità (1971) d’Enzo Barboni et, surtout, son film préféré, d’après ce qu’on nous a dit, Il mio nome è nessuno (1973) de Tonino Valeri, produit par Sergio Leone, musiqué par Ennio Morricone, qui se réfère non à l’écrivain portugais Pessoa mais au personnage mythique d’Ulysse.

Complètement givré

Il fallait de l’audace pour ouvrir une boutique à Paris où  la concurrence ne manque pas avec Aleph de Myriam Sabet, Angelina, le Bac à glaces, Bachir, Bältis, Berthillon, Emkipop, Fabien Foenix, la Fabrique givrée, Folderol de Jessica Yanga et Robert, Compagnon, Fruttini by Mo, Il Gelato del Marchese, la Glacerie de Paris de David Wesmaël, Glaces Paris, Glacier 1891, Glazed, Grom, Hugo et Victor, Kem glaces, la Maison La Cornue, la Manufacture de glace de Ducasse, Matthieu Carlin, Plan D, Pozzetto, Raimo, Reÿs, Sucre glace de Thierry Ménager, Tropicale Glacier, Une glace à Paris d’Emmanuel Ryon et Olivier Ménard… La Gelateria Girotti la joue modeste, entre la tradition d’un Raimo ancienne formule et les audaces « contemporaines » d’un Ducasse sucrant le sucre, délaissant le melliflu pour l’âcre, l’âpre, l’acide, après que les diététiciens sont devenus gastronomes et que ce qui était bon ne l’est plus. 

Il faut dire que la maison Girotti ne vise pas à en mettre plein la vue, quand  bien même deux grands écrans plats y diffusent des bandes tournées à Cinecittà, aux studios Elios et Titanus ou à Almería dans les années 60 et 70 ainsi qu’une série télé plus récente où l’acteur s’exprime avec sa vraie voix – et non plus via celle de Pino Locchi, son doubleur attitré. Le glacier Girotti a ses habitués et voisins, attirés par la lumière stellaire et la curiosité de l’inédit, y consomment qui du café griffé Terence Hill dès potron minet, qui une pâtisserie ricotta et poire, un chou à la crème noisette, une salade autour de midi. Ils se régalent d’une glace à la figue, au chocolat et piment de Calabre, à l’extra-fondant Lucky Luke, titre d’un film adapté de la BD de Morris, réalisé en 1991 par le comédien.

Visuel : photo de Nicolas Villodre.

Les Cahiers de l’Herne sur Thomas Bernhard : « Pour pouvoir écrire, je dois m’opposer »
La Nuit des étoiles : comme un rêve au Musée de l’air et de l’espace
Nicolas Villodre

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture