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Prix Nobel de littérature décerné au péruvien Mario Vargas Llosa

08 octobre 2010 | PAR Coline Crance

Les membres de l’académie suédoise semblent privilégier les auteurs engagés dans leur époque. Après Harold Pinter en 2005 qui s’éleva contre l’engagement britannique en Irak, Orhan Pamuk en 2006 qui appelait à la communication humaniste entre les deux rives du Bosphore, Le Clézio en 2008  et sa prise de défense de l’environnement et Herta Müller qui fut victime de la dictature roumaine sous Ceausescu  en 2009, le nouveau lauréat est Mario Vargas Llosa , écrivain engagé qui a toujours participé activement à la vie politique de son pays. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné pour  » sa cartographie des structures du pouvoir et ses images de l’individu de sa révolte et de son échec. »

La carrière littéraire de Mario Vargas Llosa débute par La ville et les chiens, brillante composition littéraire publiée à 25 ans en 1961 , doublée d’un réquisitoire contre l’autoritarisme d’une sinistre académie militaire fréquentée dans sa jeunesse. D’abord castriste , l’année 1970 est un tournant dans son parcours et ses convictions politiques. Libéral, il passe de Sartre dont il condamne les sympathiques maoïstes à Camus. Désormais, il dénonce le régime de Fidel Castro qu’il qualifie de « dictature aux abois qui se défait chaque jour ». Jusqu’ en 1988 sa carrière littéraire est très prolifique et reste toujours très engagée. La maison verte en 1966 conte la vie dans les lointaines forêts péruviennes et la vie de la zone urbaine de Piura. Pantaléon et les visiteuses  ( 1973) est une satire du fanatisme militaire et religieux au Pérou. La Guerre de la fin du monde en 1982 qui traite de la politique du Brésil au 19e siècle,  a un énorme retentissement en Amérique latine et connaît un grand succès critique…

En 1988, son engagement politique s’affirme. Plus que par l’écrit, Mario Vargas Llosa souhaite prendre « physiquement » part à la vie politique de son pays. En 1990, il se présente à l’élection présidentielle péruvienne avec une coalition de centre-droit baptisée le  » front démocratique ». Battu par Alberto Fujimori,  il se retire en Espagne. Il obtient en 1993 la naturalisation espagnole. Cet aparté politique fut une pause dans sa production littéraire. Il revient néanmoins en force avec Lituma dans les Andes en 1993, en 1997 avec les cahiers de don Rigoberto et en 2000 avec La fête au bouc, exploration minutieuse de la dictature dominicaine. Mario Vargas Llosa se consacre aussi aux genres de l’essai , genre dans lequel il excellait dès 1975 avec son célèbre Orgie perpétuelle. Il écrit un demi siècle avec Borges et la tentation de l’impossible dans lequel il revient sur la fascination qu’excercait sur lui Victor Hugo quand il était enfant….

Prix Nobel donc mérité qui récompense un homme hors-mode , hors temps, au style terriblement acerbe et mordant et dont l’engagement a toujours été sans faille.

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Coline Crance

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