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La victoire de Guillon sur Radio France

La victoire de Guillon sur Radio France

31 janvier 2011 | PAR Benoit Dabout

Stéphane Guillon tenait une chronique liant l’actualité à l’humour sur France Inter dans la matinale de Nicolas Demorand. Guillon aime être à la limte du politiquement incorrecte, il était sur un siège éjectable après ses chroniques sur DSK et Sarkozy. Mais le lundi 22 mars 2010, la limite a été franchie. Ce jour-là, Eric Besson alors Ministre de l’immigration et de l’identité nationale est l’invité de Nicolas Demorand, l’humoriste dresse un portrait de l’invité avant son interview. Voir l’article.

A cause de sa chronique consacrée à Eric Besson, l’humoriste s’est attiré les foudres de sa direction. Lancé dans une caricature du ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, il accuse ce dernier d’agir en tant que « taupe » lepéniste ayant infiltré le PS puis l’UMP. Implicitement Guillon reproche à Besson d’avoir ravivé la flamme du Front National. Notamment avec le sulfureux débat sur l’identité nationale. Dés lors la polémique bat son plein.

Invité, sur France Inter, dans l’émission de Nicolas Demorand, le ministre s’empresse de réagir. Il n’a pas écouté la chronique mais on lui a rapporté certains propos par le biais de textos. Visiblement choqué, Eric Besson dénonce ce qu’il considère comme une dérive. Dérive qui s’inscrit dans la continuité d’une précédente chronique de l’humoriste qu’il avait trouvé « raciste ». « Raciste », selon lui, car elle évoquait son supposé « mariage gris ». Il appelle en outre France Inter à prendre ses responsabilités pour que cessent les « amalgames » et les « anachronismes ».

Et la réaction de la radio ne s’est pas fait attendre. Mardi 23 mars 2010 , Radio France par la voix de son président, Jean-Luc Hess, présente ses excuses au ministre. Sans pour autant émettre de critiques sur le fond, ce dernimarser regrette certaines formules qui lui semblent « peu conformes aux valeurs du service public ». Il fait ainsi référence aux « yeux de fouine » décrits par Stéphane Guillon. Mais pour l’humoriste ces attaques sur le physique ne sont pas choquantes dans la mesure où Plantu, dans ses dessins humoristiques, met sur papier ce qu’il pourrait dire derrière un micro, sans pour autant s’attirer les foudres de la gente politique.

Pour Nicolas Demorand aussi, Stéphane Guillon n’a pas dépassé les limites. La caricature humoristique étant un exercice de style qui a droit de cité sur Radio France. Et très logiquement l’animateur a ouvert son micro à Eric Besson pour qu’il exerce son droit de réponse.

Après Didier Porte, Guillon est le deuxième humoriste de France Inter à être licencié pour avoir été politiquement incorrect. Suite au licenciement, Stéphane Guillon porte l’affaire aux prud’hommes de Paris. Le vendredi 28 janvier dernier, la décision a été prise et Radio France est condamnée pour avoir mis à la porte l’humoriste.

Selon Le Monde, les CDD en vigueur depuis avril 2003 ont été requalifiés en CDI puis Guillon aurait reçu des indemnités lié à son licenciement injustifié soit 150 000€. En plus de cette somme, il recevrait 41981,70 € d’indemnité de licenciement , 11 581,16 € pour le préavis, 5790,58€ pour la requalification, 1 158,11 € pour les congés payés et 1500€ de frais de justice. Le total s’élève donc à 212 011,55 €, Stéphane Guillon a remporté en beauté son procès.

 

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Benoit Dabout

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