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Herman Leonard: une vie en noir et blanc sur fond de jazz

19 août 2010 | PAR Tristan Karache-Prudent

Herman Leonard est un photographe américain rendu célèbre pour ses nombreux portraits en noir et blanc des plus grandes icônes du jazz durant les années 50. L’artiste s’est éteint samedi 14 août 2010 à l’âge de 87 ans, à Los Angeles, en Californie.

Herman Léonard est né le 6 mars 1923 à Allentown en Pennsylvanie, ses parents Joseph Léonard et Rose Morisson ont immigré de Yassi en Roumanie pour venir s’installer aux Etats-Unis. Il obtient en 1947 son Bachelor of Fine Art (BFA) à l’université de l’Ohio bien qu’il dû effectuer son devoir parmi l’Us Army durant la seconde guerre mondiale. Il servit notamment au côté des troupes de Chiang Kai-Shek dans l’unité médicale contres les japonais.

Après sa remise de diplôme, il suit le portraitiste Yousuf Karsh pendant un an qui lui donne la possibilité de photographier quelques personnalités tels que Albert Einstein, Harry Truman ou encore Martha Graham. En 1948, il ouvre son premier studio à New York. Travaillant en free-lance pour divers magazines la journée, il se met à fréquenter le soir les clubs de jazz  et passe quelques accords avec ces derniers pour obtenir le droit de photographier les plus grandes stars de la scène jazz de l’époque. Il parvient ainsi à photographier Dexter Gordon, Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Billie Holiday, Duke Ellington, Miles Davis et bien d’autres en trainant au Royal Roost ou au Birdland.

Après avoir travaillé pour le producteur de jazz Norman Granz qui utilisait ses clichés pour des pochettes de disques, Leonard  Herman est employé en 1956 par Marlon Brando pour un reportage photo sur sa personne dans l’extrême Orient. Dés son retour, il décide de s’installer à Paris et met son talent au profit des jazzmen mais aussi de la mode, de la publicité. IL fut notamment le correspondant du magazine Playboy en Europe.

En 1980, avec sa femme Elizabeth et ses deux enfants Shana et David, il déménage vers l’ile d’Ibiza jusqu’en 1988 où il immigre vers Londres avec ses enfants. C’est en territoire britannique qu’il donne sa première exposition au Special Photographers Company localisé à Notting Hill. Il remporte un vif succès avec plus de 10 000 personnes qui viennent découvrir ses travaux dont Bono de U2. L’exposition est importée aux Etats-unis et le photogrape échoue birèvement à San Francisco. Une exposition de ses photos l’emmène vers La Nouvelle Orléans. Il tombe amoureux de la ville et s’y installe pour 14 ans s’immergeant dans le blues et le jazz qui font partie intégrante de la cité.

Malheureusement, en 2005, l’ouragan Katrina détruit sa maison et son studio lorsqu’ ’un canal craque sous la pression. Il perd sa demeure ainsi que 8 000 photos d’archives mais les négatifs étaient conservés dans les caves du musée d’Ogden à la nouvelle Orléans. A cause de cet évènement, il décide de s’établir à Studio City en Californie où il travaille pour les magazines, les compagnies de film et la musique.

L’ensemble de l’œuvre de l’artiste soit environ 40 000 négatifs est conservée dans les archives permanentes de l’American Musical History dans le Smithsonian Museum à Washington. En 2008, il a reçu la récompense suprême pour un photographe, le Lucie Award dans la catégorie portrait remis par son vieil ami Tony Bennett au Lincoln Center. En 2009, il fait le discours d’ouverture à l’université de l’Ohio où il y reçoit un doctorat honorifique. En janvier dernier, il avait travaillé avec Lenny Kravitz.

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Tristan Karache-Prudent

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