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Décès de Vladimir Dimitrijevic, fondateur des Editions de l’Âge d’Homme

Décès de Vladimir Dimitrijevic, fondateur des Editions de l’Âge d’Homme

04 juillet 2011 | PAR Morgane Giuliani

L’homme de lettres à la vie mouvementée est décédé le 28 juin dernier, dans un accident de voiture à Clamecy dans l’Yonne. Retour sur son parcours atypique.

Né en 1934 en Yougoslavie, il est goal de football dans sa jeunesse et quitte finalement le pays en 1954 pour rejoindre l’Italie puis la Suisse, où il exerce divers métiers manuels (jardinier, couvreur, ouvrier d’usine, gardien de nuit, etc.). Il devient libraire et finalement, ouvre sa propre maison d’édition, l’Âge d’Homme, à Lausanne en 1966 et en ouvre une antenne à Paris. Il sera par la suite naturalisé suisse.

Dans un premier temps, via la collection « Classiques slaves »,  il fait connaitre des auteurs slaves renommés en leur pays mais inconnus ici comme Petersbourg, d’Andrei Biély, Vie et Destin de Vassili Grossman, Jours Maudits d’Ivan Bounine, et Cheval rouge d’Eugenio Corti. La maison d’édition publie également des auteurs suisses tel Charles-Ferdinand Ramuz, Léon Savary, Gaston Cherpillod et Charles-Albert Cingria, et même français comme Pierre Gripari et Alain Paucard.

L’Âge d’Homme publie aussi de nombreux essais consacrés à des thèmes politiques, historiques, culturels ou philosophiques d’auteurs en général classés très à droite comme Alain de Benoist, Pierre Marie Gallois, Freddy Buache, Éric Werner, Ibn Warraq ou Alexandre Del Valle. Vladimir Dimitrijevic lui-même, connu pour son soutien à la Serbie pendant la guerre de Yougoslavie, avait publié plusieurs essais, dont un intitulé Yougoslavie. La Stratégie de l’Aveuglement en 1992. Une prise de position qui n’avait pas manqué de déclencher la polémique et de ternir sa réputation dans le milieu littéraire.

L’écrivain Patrick Besson, un de ses amis les plus proches, a déclaré : «C’est un des très grands éditeurs européens. L’équivalent slave de Maurice Nadeau. Il a connu deux positions successives et opposées. Après avoir été le chouchou des anti-communistes lorsqu’il publiait des dissidents, il est devenu un paria pour ses positions pro-serbes pendant la guerre civile yougoslave. Ce dont je veux me souvenir, c’est d’abord qu’il fut un ami, un très grand lecteur et un extraordinaire éditeur.»

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Morgane Giuliani

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