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Affaire John Galliano : le procès aujourd’hui, la succession toujours attendue

Affaire John Galliano : le procès aujourd’hui, la succession toujours attendue

22 juin 2011 | PAR Laurene Saby

C’est aujourd’hui que s’ouvre le procès de John Galliano, quatre mois après son interpellation à la suite d’une dispute à la terrasse d’un café du Marais à Paris durant laquelle le couturier aurait insulté un couple, en vociférant des propos antisémites. Tandis que le styliste plaide l’addiction et encourt une peine de 6 mois de prison et une amende de 22 500 euros, la maison de couture Dior est toujours orpheline, malgré les incessantes et persistantes rumeurs de succession.

Retour sur les faits

24 février 2011, au bar La Perle, dans le quartier du Marais, à Paris. Le couturier John Galliano aurait provoqué une dispute, et aurait insulté un couple assis près de lui. Le directeur artistique de Dior, complètement ivre, aurait tenu des propos antisémites à l’encontre du couple, qui porte alors plainte. Le 28 février, le tabloïd The Sun, sur son site internet, dévoile la vidéo de l’altercation. On y découvre le styliste dans un état déplorable, et sa défense parait alors bien compromise. Dans la vidéo, le couturier déclare en anglais, d’une voix d’ivrogne : « J’aime Hitler » ainsi que « les gens comme vous devraient être morts. Vos mères, vos ancêtres, tous devraient être gazés ». De plus, une femme de 48 ans porte également plainte contre John Galliano, affirmant que ce dernier l’aurait insulté  dans le même bar, le 8 octobre. Le scandale éclate et la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Rapidement, la direction de Dior réagit. Sidney Toledano, le PDG de la marque déclare que les  propos tenus par le directeur artistique sont « en totale contradiction avec les valeurs essentielles qui ont toujours été défendues » par la maison de couture. L’actrice Natalie Portman, associée à la griffe Dior dont elle est l’égérie du parfum Miss Dior Chérie s’insurge contre cette bouleversante nouvelle. La jeune femme fraichement oscarisée au moment des faits, de confession juive, écrit : « Je suis profondément choquée et dégoûtée par la vidéo des commentaires de John Galliano qui a fait surface aujourd’hui ». Le couperet tombe : suspendu de ses fonctions, John Galliano est licencié de la maison Dior. Le couturier est également déchu de la direction de sa propre marque éponyme, détenue à 92% par le groupe LVMH.

Un procès médiatique

L’avocat du couturier a affirmé avant la comparution devant les tribunaux aujourd’hui de ce dernier, que son client « était dans un état second » lors des faits. « Ce qu’il sait, c’est que les propos qu’on lui reproche ne reflètent en rien sa pensée. Il n’est ni antisémite, ni raciste »,  a-t-il ajouté. L’avocat de la star a également confié avant l’ouverture du procès que son client plaiderait l’addiction. « Si une chose est claire, c’est que John Galliano était malade. Il était triplement dépendant à l’alcool, aux benzodiazépines et aux somnifères. L’effet combiné de ces produit est un état d’abandon total », a certifié Me Hamelle. Lors de l’ouverture du procès cet après-midi à 15h30 devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris, le défenseur de Galliano a déclaré à la foule de 200 journalistes présente que le couturier « avait fait deux mois de cure aux Etats-Unis. » maintenant le styliste anglais « veut présenter des excuses. Se faire pardonner et se reconstruire ». Du côté des plaignants, l’avocat d’une des victimes n’est pas du tout convaincu : « On est d’accord avec l’explication, mais ce n’est pas une excuse. Il ne s’agit pas seulement de dire je ne me souviens pas, c’était un second moi ». Aux côtés des trois victimes, plusieurs associations  luttant contre le racisme se sont également constituées parties civiles. C’est le cas de la Licra (Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme) et du Mrap (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples). Le sulfureux couturier, lui, risque jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et une amende de 22 500 euros.

Des rumeurs de succession, toujours pas de successeur

Depuis la déchéance du styliste anglais, les rumeurs sur le nom du futur successeur vont bon train. Karl Lagerfeld avait ébruité les noms de Riccardo Tisci, le directeur artistique de Givenchy et Carine Roitfeld, ex rédactrice en chef du Vogue France. Quelques temps après, le Harper’s Bazaar avait également posté le nom de Riccardo Tisci sur Twitter. Mais toujours aucune confirmation de la part de la maison Dior. Haider Ackermann aurait aussi été pressenti. Aux dernières nouvelles, ce serait le styliste Azzadine Alaia qui aurait été approché pour prendre les rênes de Dior. La rédactrice mode du Financial Times, Vanessa Friedman, a néanmoins affirmé que ce dernier avait refusé l’offre. La journaliste a relayé les propos du couturier en ces termes :« Il n’était pas intéressé, même s’il a été très flatté. (…) Quand je lui ai demandé comment il percevait ce qu’il s’était passé avec John Galliano, il a trouvé que toute cette histoire était triste. Il n’a pas envie de faire partie du chapitre suivant ». Pendant que Galliano est jugé, le quotidien de la maison de couture se poursuit. Le prochain défilé couture de Dior, réalisé par le « studio » maison, présentera son travail le 4 juillet prochain, lors de la semaine de la Haute Couture. Le prochain défilé prêt-à-porter de la griffe Galliano, se tiendra en octobre. Même si le couturier risque d’écoper tout au plus d’une amende, sa carrière elle est bien finie. Une page se tourne dans l’histoire de la mode.

(c) visuel : rtl.be, alvinet.com, africansuccess.org, actualite.portail.free.fr

source : AFP

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Laurene Saby

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