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Comment gagner de l’argent en participant à l’Île de la Tentation

03 juin 2009 | PAR Jeremy

Le feuilleton se termine enfin. Débuté en novembre 2005, il mettait en scène les participants de l’émission de téléréalité « L’Île de la Tentation » à Glem, société devenue depuis TF1 Production. Les revendications portaient sur la reconnaissance de contrats de travail.

La Cour de Cassation a tranché aujourd’hui à 13h30 en faveur des plaignants, défendus par Jérémie Assous, avocat à Paris. Désormais, la participation à une émission de téléréalité peut définitivement s’assimiler à un contrat de travail. C’est la première fois qu’un tel statut des candidats est réglementé, la justice n’ayant encore jamais tranché en faveur d’une de deux parties. La chambre sociale de la Cour de cassation a ainsi validé la requalification des règlements de participants en CDD, et avalisé la condamnation de TF1 Production, soumis à verser de lourdes indemnités aux anciens candidats de « l’Île de la tentation ». La fin d’une série à rebondissements.

Le 30 novembre 2005, les prud’hommes de Paris avaient donné raison à trois participants, jugeant qu’ils avaient bien accompli « un travail. » A ce titre, ils avaient requalifié en « contrats de travail à durée déterminée » leurs « règlements de participant ». Premier épisode et première victoire pour des candidats qui affirmaient avoir subi des méthodes traumatisantes durant le tournage. Le 12 février 2008, la cour d’appel de Paris avait adopté la même analyse, allant même jusqu’à requalifier les règlements en contrats à durée indéterminée et à condamner Glem pour « travail dissimulé. » Glem avait déposé un pouvoir en cassation, dont la décision fût tranchée aujourd’hui.

Auparavant, le traitement des candidats revenait exclusivement aux producteurs qui de fait, usaient de méthodes peu vertueuses car soumis à aucune loi existante sinon des règlements flous qu’aucun candidat ne remettait en cause. Le rôle des candidats a d’ailleurs inspiré un ouvrage de Philippe Bartherotte, La Tentation d’une Île paru aux éditions Jacob-Duvernet, qui décrit la fonction que « l’assistant » occupa durant 7 années sur les tournages de « Pékin Express » ou de « L’Île de la Tentation» : mettre en condition les participants pour qu’ils « obéissent à la production. » Il dénonce par ailleurs le recours systématique à l’alcoolisation des candidats, les diverses tricheries et les méthodes de castings sauvages destinées à choisir les candidats pour leur « naïveté. »

Malgré ces méthodes que l’auteur affirme avérées, preuves à l’appui dans son ouvrage, la Cour a annulé la condamnation de Glem pour « travail dissimulé », estimant que la société n’avait pas délibérément contourné la loi, trop vague pour être prise à partie. L’emblème des excès de la téléréalité, née dans les années 2000, proposait à des couples de « soumettre leur amour à la tentation » durant douze jours, sur une île paradisiaque. Rien qui ne laissait augurer des conditions de travail pourtant déplorables.

Jérémy Collado

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