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XUAN Paris propose une expérience de l’infini, terreau d’imagination

XUAN Paris propose une expérience de l’infini, terreau d’imagination

12 juillet 2020 | PAR Cloe Assire

Le 6 juillet, la marque XUAN Paris présentait sa collection Haute couture automne-hiver 2020/2021 par le biais d’une vidéo de 2 min 32 réalisée par Yaya Guaj et mise en musique par Martijn Ratsma. Toute en poésie, la créatrice néerlando-vietnamienne Xuan-Thu Nguyen a conçu seize looks pour cette ligne dont seulement quatre sont mis en scène, renvoyant ainsi aux différents éléments en vue de célébrer l’essentiel : la vie.  

Diplômée de l’Amsterdam Fashion Institute (AMFI), c’est en 2004 que Nguyen crée sa marque à Paris où elle réside. Elle se fait rapidement connaître pour ses vêtements produits entre la France et les Pays Bas mais surtout porteurs d’histoires évocatrices issues de la conjugaison d’une esthétique et d’une construction transmettant l’intimité, la surprise et la fragilité qui sous-tendent ses expériences personnelles. Membre invité depuis cinq ans par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, Xuan Paris a choisi la modèle Stella Koumba pour la présentation en ligne de sa collection intitulée « Windows of infinity ».

Dès le mois de mars, Nguyen est emballée à l’idée de la création d’un contenu inédit – crise sanitaire oblige – et a de suite une idée précise de ce qu’elle désire montrer au public. « Je l’ai imaginée parce que je voyais que les looks qu’elle portait seraient colorés, en contraste ou se fondraient avec elle. Stella est une femme étonnante, gentille, avec des convictions fortes et la meilleure amie avec laquelle travailler. Tout ce que nous apprécions chez XUAN. » a-t-elle déclaré au sujet de Stella Koumba revêtant une à une les quatre silhouettes phares de la collection. Les douze autres silhouettes étaient quant à elles visibles sur rendez-vous dans le second arrondissement de Paris. « Windows of infinity » est une collection à construire, portant sur les éléments essentiels à la vie, à savoir les quatre pierres angulaires que sont le feu, l’eau, l’air et la terre. La femme de Nguyen prend vie sous nos yeux, à mesure que les vêtements évoluent, bercés par le bruissement du vent. Le fond est noir, focalisant notre regard sur l’essentiel : la matière textile. Même la mannequin est effacée – faisant partie d’un tout – le visage peint ou dissimulé derrière une nature ayant repris ses droits. 

La première tenue semble avoir pour but de symboliser les différentes couches de la vie, dans sa diversité la plus complète. Pour cela, différentes soies sont combinées en un chemin continu, celui de la vie, marqué par des arrêts et pauses occasionnels sans jamais y mettre fin. Les couleurs s’entrechoquent pour mieux s’harmoniser avant que l’on découvre un second look magnifiant les lignes pures tout en structure. Pour cela, Xuan Paris a conçu un manteau en coton blanc, une matière naturelle permettant de valoriser les détails et techniques que la couture requiert. Ici, cette matière douce et organique se voit cousue en couches et en lignes afin de jouer sur la lumière et l’ombre renvoyant à la pureté d’un mouvement accidentel. Des plantes recouvertes de peinture blanche à la bombe s’échappent du décolleté, semblant ainsi émerger du corps de Stella. Vint ensuite le moment de se pencher sur les notions de conscience intérieure et de croissance avec une troisième silhouette qui ne peut que rappeler les paradoxes de terres volcaniques et verdoyantes comme celles de l’Islande. Un délicat organza de soie se voit ainsi mêlé à la solidité de fleurs en cuir dont les pétales battent au rythme de la musique suggérant tant l’aspect fleuri que décadent de la vie. La présentation s’achève sur une belle métaphore avec un vêtement blanc évoquant les pages vierges d’un livre qui se tournent. Un livre vide qui n’attend que d’être rempli, une toile blanche que Xuan modèle, construit. N’est-ce pas d’ailleurs le travail de tout styliste ou modéliste ?

La collection « Windows of infinity » nous renvoya en 2013 sur le chemin des lignes d’Anne Cauquelin dans son livre intitulé « Les quatre éléments » : « Avec les « quatre éléments », l’air, la terre, l’eau, le feu, la tradition présocratique s’est transmise jusqu’à nous par la doxa, porteuse d’imaginaire. Le mythe ici est puissant. De rêveries en repos, de songes en nuages, les quatre ont droit de cité. Ils hantent nos peurs et nos espoirs et nous avons vis-à-vis d’eux des attitudes de croyance millénaires. »

Crédits : Totem Fashion

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Cloe Assire

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