Mode
Tranoï : l’entre-soi des créateurs talentueux de la fashion week

Tranoï : l’entre-soi des créateurs talentueux de la fashion week

28 septembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Depuis 1993, quatre fois par an, la salon de mode pour femmes et désormais pour hommes Tranoï investit de très beaux lieux parisiens durant la Fashion week. Sous la houlette de son exigeant Directeur artistique (également fondateur des magasins L’Eclaireur), Michael Hadida, cet évènement au nom italien et intime (« Entre nous ») donne à voir des designers créatifs, véritables artisans de matières nobles, innovantes et confortables. Située au cœur de Paris, dans les alcôves du Palais de la Bourse, au Carrousel du Louvre et chez Artcurial (Hôtel Dassault), résolument internationale, Tranoï mêle mode, artisanat et design, avec des performances, des défilés, et une exposition « Design talents » devant le Palais de la bourse, où les Ateliers deParis présentent une vingtaine de jeunes designers. Jusqu’au 1er octobre 2012.

Pour entrer dans le Palais de la Bourse transformé en grand boudoir à vêtements, l’on traverse sous un soleil inattendu la place de la Bourse. Derrière les tréteaux du marché on commence par découvrir avant-tout la sélection de Michael Hanouna des Designers résidant aux Ateliers de Paris : une vingtaine de projets dont certains sont liés directement au textile ( le travail de la matière de Luce Couillet, les plumes de Janaina Milheiro ou le gant de Charlotte Brocard, qui transforme deux amis en mangeurs siamois), mais aussi les objets fonctionnels de l’agence Noir Vif (voir photo) ou de Olivier Dolle. On remarquera aussi les jolis mobiles de Mylihn Nguyen. Une rangée de créations qui est du meileur augure pour entrer dans le salon à proprement parler.

Tranoï a l’originalité d’allier le faste du Palais de la Bourse à des espaces d’expositions plus proches du boudoir. Le plus gros des 1000 créateurs présents sur le salon cette année sont là, les acheteurs sont au rendez-vous et pourtant on a toujours l’impression d’être en tête à tête avec les divers artisans. Peut-être parce que finalement cet évènement entre art et mode attire « seulement » (et c’est déjà beaucoup) 8000 visiteurs par session. Et les galeries s’étendent sur deux étages le long de couloirs parfaitement carrées et dans des pièces anciennes où les stands s’étalent sans jamais asphyxier. Un grand salon, donc mais à taille humaine, où l’on peut trouver plusieurs petits bars nespresso pour s’isoler où réfléchir à ce que l’on a vu et si l’on doit acheter.

Parmi les marques familières représentées : American Retro, Anthology, Harpo ou Rodier. Mais Tranoï est LE lieu stratégique où faire le point sur les tendances, avec les innovations en termes de matières (la première collection de vêtements « concrete » (en béton) de la maison hongroise Ivanka, dans des tons gris et greige sont à tomber. A contrario les bijoux-bonbons à matière gélatine et à finition parfaite du japonais Q-Pot sont tellement beaux et colorés qu’on en mangerait, aux antipodes de la ligne nude, épurée, et néanmoins aussi gourmande que son nom de Bjorg) et d’horizons (ouverture sur l’Asie avec la marque coréenne Demi Choonmoo Park, sur l’Afrique avec les robes légères comme des plumes et colorées de l’éthiopien LemLem). Surtout, on a envie de se lover dans le cachemire déjà printanier des étoles  de Pierre-Louis Mascia ou de Pietri et dans le cuir moelleux des sacs Silent People (dans le superbe quartier scandinave) ou  Christian Peau, sacs définitivement à la mode pour les hommes sous leur forme cartable… Et même trashs, déchirées, brutes et rock, les vestes de Lord SM semblent bien douces à porter.

Profusion de design et de créativité, luxe d’un espace majestueux où il y a beaucoup à voir sans se laisser déborder, Tranoï réussit le pari de l’entre-soi et de l’avant-garde, le tout dans une atmosphère chaleureuse de partage.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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