Mode
Tendance : Retour vers le futur

Tendance : Retour vers le futur

28 mars 2014 | PAR Dorothee Chiara

Après avoir rejoué toutes les gammes des décennies passées, la mode avait besoin d’innover. Les inspirations 90’s sont sur le devant de la scène, qu’en est-il des années 2000 ? Va-t-on repartir à zéro ? Pas sûr, on sent battre les prémices d’une nouvelle ère. Quand art, couture et technologie s’associent, la tendance du XXIe siècle émerge. La technologie a besoin de la mode pour populariser ses nouveautés mais la mode n’a-t-elle pas besoin de la technologie pour enfin se renouveler ?

Technologie-à-porter

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James Bond ou Star Trek ont depuis longtemps adopté les gadgets intelligents, à notre tour de porter ce type d’accessoires grâce à la « wearable technology ».
On les appelle « FuelBand », « Fitbit Flex » ou encore « Jawbone Up », ce sont les bracelets connectés. Moins contraignant que celui du prisonnier, le bracelet électronique contrôle l’activité physique et biologique, compte les calories et les pas. Devenu le « it » bracelet aux Etats-Unis, vu sur Shala Monroque ou Kanye West, la tendance arrive en France. Samsung va encore plus loin et lance la « SmartWatch » : téléphone/ordinateur/baladeur/appareil photo et…montre.
Pendant longtemps, mode et technologie se sont regardées d’un mauvais œil. Aujourd’hui, chaque domaine a besoin de l’autre pour pouvoir évoluer. Les accessoires intelligents ne veulent plus être réservés aux fans de nouvelles technologies. La preuve : Samsung investit les défilés et la nouvelle montre s’affiche aux poignets de mannequins comme Jessica Stam ou Erin Wason.
La porte-parole des lunettes Google Glass explique qu’il est indispensable de considérer l’industrie de la mode car une fois mis sur le corps, l’accessoire devient une part de l’expression de ce que nous sommes. Le principe de ces lunettes est simple: pouvoir accéder immédiatement à des informations pratiques provenant d’Internet par l’intermédiaire d’un minuscule écran semi-transparent intégré au verre. Encore plus fort, les Google Glass ont été vues au défilé Diane Von Furstenberg sur le nez des mannequins et de la créatrice elle-même. Celle-ci dans une interview au New York Times explique que porter ces lunettes montre que vous êtes ouvert et engagé. Bientôt, Ray Ban devrait s’associer à Google Glass pour offrir des lunettes où style et technologie seront devenus alliés. Les accessoires soignent leur design pour conquérir la planète mode. Et ça marche.

Révolution textile

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Alors que le président Obama parle de l’impression 3D comme de la prochaine révolution industrielle, certains designers ont déjà pris de l’avance, à l’instar de la styliste Iris Van Herpen. La jeune hollandaise de 29 ans a déjà tapé dans l’œil de Beaubourg grâce à son fabuleux travail d’avant-garde. Elle défie les lois de la nature en alliant Haute Couture, biologie et nouvelles technologies grâce notamment à l’utilisation d’une imprimante 3D. Iris Van Herpen explique que le « hand made » est important mais limité, au risque de sans cesse se répéter. Il faut aller vers de nouvelles matières que seule l’intelligence artificielle peut créer. Son rêve ultime serait de pouvoir imprimer en 3D sur toutes les matières afin que confort et beauté atteignent leur paroxysme. Aujourd’hui, l’avantage esthétique d’un tel processus tient au fait que les vêtements sont sans couture et sur mesure.
Les créateurs de ThreeAsFour ont également adopté une telle fabrication pour leur collection été 2014, inspirée des trois grandes religions monothéistes.
Plus spectaculaire encore, la robe créée par Francis Bitonti pour Dita Von Teese, faite aux mesures exactes de son corps, composée de plus de 3000 articulations et parée de dizaines de milliers de cristaux noirs Swarovski. Bitonti, adepte des nouvelles technologies, s’est penché à travers son projet « New Skins » sur la possibilité de fabriquer une sorte de « seconde peau » au corps humain, telle une robe qui évoluerait avec le corps qui la porte.
Ces créations innovantes participent au renouveau d’une mode conceptuelle qui engendre l’interaction entre le vêtement et celui qui le porte.

Le vêtement intelligent

Dans la lignée d’un Hussein Chalayan qui entremêle mode, art plastique et réflexion conceptuelle afin de présenter des robes-œuvres d’art, quelques créateurs de la jeune génération entrent dans cette mouvance. Leur mode est pluridisciplinaire et s’inspire de domaines aussi divers que le design, la philosophie ou les nouvelles technologies. La créatrice canadienne Ying Gao utilise des composants électroniques mélangés à de l’organza pour créer une robe anti-paparazzi inspirée de l’univers de Jacques Tati. Ses robes intelligentes floutent l’image et invitent à réfléchir aux apparences et à la perception des objets dans l’espace urbain. Véritable artiste du futur, elle crée des robes interactives et explique que moins l’avenir est prévisible, plus il faut être « supermoderne ».

(no)where(now)here : 2 gaze-activated dresses by ying gao from ying gao on Vimeo.

Et si les habits révélaient nos pensées les plus profondes ? C’est le pari fou du Studio Roosegarde. Le projet « Intimacy » explore la relation entre intimité et intuition. La première robe révélatrice d’émotion devient transparente à mesure que la tension corporelle monte. Telle une seconde nature, elle joue au jeu du voilé/dévoilé. « On préfère montrer plus à certaines personnes qu’à d’autres. Nous avons donc pensé que ça aurait du sens de fabriquer des vêtements proactifs avec lesquels soit vous perdez le contrôle, soit vous le conservez » explique Daan Rosegaarde, le fondateur du Studio éponyme. Moins sexy mais toujours aussi innovant, le Studio Rosegaarde travaille à l’élaboration d’un costume détecteur de mensonge, spécialement fait pour les banquiers!

Nous sommes au milieu d’une transformation dans la manière de créer des objets, de communiquer à travers le vêtement et d’utiliser les nouvelles technologies pour faire naître du jamais vu. La mode des années 2000 n’en est encore qu’à ses balbutiements tout en participant pleinement à la vitalité d’une mode conceptuelle. Il est certain qu’elle ne souhaite plus se nourrir d’elle-même dans un perpétuel recommencement mais veut explorer de nouveaux territoires et devenir multidisciplinaire.

Visuel à la une @Iris Van Herpen défilé Haute Couture A/H 2013/2014
Visuel 1 @capture d’écran défilé été 2013
Visuel 2 @ Iris Van Herpen défilé Haute Couture été 2011

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