Mode
Live-Report : Le plus grand défilé du monde : 3ème édition aux Galeries Lafayette [18/09/2012]

Live-Report : Le plus grand défilé du monde : 3ème édition aux Galeries Lafayette [18/09/2012]

18 septembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Comme chaque année, les Galeries Lafayette ont donné le signal de départ de la fashion week avec un défilé de gens « comme vous-z-et moi ». Sélectionnés par un jury de pro de la mode pour leur style original, des mannequins de tous sexes, âges et corpulence ont défilé sur le long catwalk perché pour l’occasion derrière l’opéra. Une heure de déambulation sans autre mot d’ordre que quatre thèmes et dont la seule unité était certainement les plumes dans les cheveux et les faux-cils pattes de mouches qui avaient été accolés en coulisses sur les quelques 700 participants.

18h30, arrivée  à travers une masse de badauds et de distributeurs de flyers vers l’entrée difficile à trouver. On accède aux bancs où suivre le défilé. C’est en plein air, la nuit est en train de tomber, nous aurons froid une heure durant, car qui dit « plus long défilé » dit aussi coincé le plus longtemps possible. Au premier rang, au centre, l’on distingue les frenchy people (attention ça change des têtes de front row de la fashion week new-yorkaise) : Kamel Ouali, Aure Atika, Mélanie Thierry, Audrey Dana, Julie Depardieu et Emma de Caunes… (voir photo).

19h00 : Le défilé commence à l’heure sur des applaudissements. Les quatre thèmes sont : Matin urbain, Tea Party, Cocktail Time, Oiseaux de nuit. Bizarrement pour le premier il y a quasiment la parité, mais plus on évolue vers les taffetas nocturnes et plus les femmes sont présentes. Question mannequins, les Galeries Lafayette ont bien bossé : c’est une France multiethnique que l’on voit sur le catwalk, et des longues tiges aussi bien que de la cellulite pas du tout photoshopée dépassant de mini-shorts. Il y a tous les âges, de 8 à 68 ans. Seul bémol : alors que les dames savent encore être olé olé, les plus vieux messieurs ont adopté un look « The Artist » qui les fait ployer vers le quatrième âge. Ah eh oui : sur le podium, un skate en ouverture mais pas de chien, aucune trace d’animal si ce n’est quelques plumes. Est-ce bien tout à fait politiquement correct?

19h20 : Les applaudissement s’épuisent un peu, même les petites filles de douze ans jouant leurs demoiselles de Belfort ne parviennent pas à décrocher les membres du public transi des écrans de leurs portables. Le temps se fait long. Surtout que question style, c’est le degré zéro de l’aventure : on subit encore et encore le short en tissus fin septembre, on croit apercevoir une petite tendance eighties avec du pull mohair ouvert sur du slim, on remarque quelques écossais assortis de noeud pap et on retrouve de très larges épaules et quelques trous grunge pour les vestes des défilantes. Les mecs sont presque tous faits et habillés comme Christophe Willem premier album. L’indice des tendances est donc à rechercher ailleurs que dans les fringues : du côté du travail des pros : coiffures que le vent frisquet sublime comme dans un clip des années disco et maquillage à la pointe de goût de l’hiver 2012-2013. Capillairement, donc, tout a commencé par des gothiques superpositions de bandeaux dans les cheveux, très glitter, très glam, puis montagnes de chignons bananes fous et enfin cascades de boucles travaillées graphiquement. On en redemande. Côté maquillage, trois couches classiques : nude avec pommettes rehaussées de pêche, flashy comme on l’a fait tout l’été puis glitter pour aller avec les tenues folles des oiseaux de nuit (voir photo).

19h59 : Remontée comme une pendule, la mariée était en noir. Alors que la dernière cascade de tissus « oiseau de nuit » est passée, attente et suspense, et Rossy de Palma vient faire son show, back to black, rétro et pantin plus désarticulé que Dujardin. Elle fait ça avec une grâce irrésistible avant que tous ne fuient l’hiver qui frappe à la gorge…

Le plus grand défilé du monde se termine. La fashion week peut commencer avec sa kyrielle de femmes diaphanes et anorexiques et ses lignes plus inventives …

Visuels (c) Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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