Mode

L’archéologue moderne pour Dior Homme de Kim Jones

L’archéologue moderne pour Dior Homme de Kim Jones

23 juin 2019 | PAR Cloe Assire

L’Institut du monde arabe devint un écrin de subtilité aux teintes acidulées pour la présentation de la collection masculine printemps-été 2020. En effet, en ce vendredi 21 juin à 18h, Kim Jones, en collaboration avec l’artiste américain Daniel Arsham, décide de questionner l’archéologie de notre présent et donc le patrimoine de la maison Dior, en perpétuelle évolution.

Une immense horloge surplombait l’entrée au défilé, annonçant une réflexion menée sur le temps, entre passé, présent et futur, par le directeur artistique. La scénographie elle-même semblait intemporelle, par son minimalisme mis en regard avec un intérieur crème, à l’allure ancienne, avant de découvrir le catwalk, tout en dégradé de roses résolument moderne. Une ambiance délicate et féminine s’en dégage tandis qu’un immense cercle lumineux, sans début ni fin, trône derrière les quatre lettres de Dior devenues des monolithes disposés en majesté, semblant altérés par le temps tout en étant sublimés par les cristaux qui s’en échappent. La poudre au sol, on le devine, sera marquée de l’empreinte des pas de chacun des mannequins. Ainsi, un point d’honneur fut mis pour que la scénographie reprenne les icônes de la maison mais surtout les objets du quotidien de son créateur, matérialisant ainsi son héritage devenu d’emblématiques reliques. L’horloge et le téléphone, revisités par Arsham, deviennent donc des « Future Relics », dans la lignée de sa démarche artistique.

Les mannequins défilent, donnant de suite l’impression d’une collection Haute Couture et non prêt-à-porter tant chacun des détails est réfléchi visuellement et intellectuellement. Ici, la mode rencontre l’art au-delà de la collaboration entre artiste et designer, rendant ainsi hommage à Christian Dior qui, rappelons-le, a longtemps été à la tête d’une galerie. Les formes semblent légères, souples, tout en étant parfaitement maîtrisées à la manière de drapés issus de la sculpture. Le cuir devient frise, le motif « Dior Oblique » bas-relief tandis que la gamme colorée, mêlant teintes délavées et nuances intenses, ultra-pigmentées, dessinent sous nos yeux un paysage éclatant et non moins raffiné. Par exemple, des motifs « Toile de Jouy’, peints à la main par des artistes japonais, font écho aux nuages de crêpe georgette plongée dans une eau saturée. Ainsi, cette collection, particulièrement androgyne, convoque une autre époque tant au travers des références citées que des techniques employées.

Kim Jones, main dans la main avec Daniel Arsham, dépeint sous nos yeux l’histoire dynamique et changeante d’un explorateur moderne, une idée symbolisée par la collaboration établie avec Rimowa, une maison dédiée aux bagages de luxe. Ainsi, minaudières, sacs à dos ou encore bagages à main trouvent leur place sans détonner dans un vestiaire masculin innovant. L’homme semble ainsi prêt à affronter son avenir tout en respectant le passé. Kim Jones rend donc un vibrant hommage à l’histoire de Dior qu’il connaît très bien, pouvant ainsi poursuivre son écriture.

Visuels : ©Adrien Dirand 

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Cloe Assire

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