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La Métamorphose : Immense et Rouge

La Métamorphose : Immense et Rouge

05 juillet 2019 | PAR Cloe Assire

Le rouge. Selon Michel Pastoureau, c’est le feu et le sang, l’amour et l’enfer. Pour leur collection Haute Couture automne-hiver 2019/2020, Ewa Gawkowska et Malgorzata Szczena n’ont conservé qu’un mot : amour. 

 
« On dirait que le rouge représente à lui seul toutes les autres couleurs, qu’il est la couleur » expliquait l’auteur du « Petit livre des couleurs. » Mais c’est bel et bien de Jacques Prévert dont s’inspirent les deux créatrices polonaises à l’origine de La Métamorphose en disposant sur chacun des sièges des spectateurs ce célèbre poème :
 

Immense et rouge

Au-dessus du Grand Palais

Le soleil d’hiver apparaît

Et disparaît

Comme lui mon coeur va disparaître

Et tout mon sang va s’en aller

S‘en aller à ta recherche

Mon amour

Ma beauté

Et te trouver

Là où tu es

J. Prévert

Au cours de ce défilé, le rouge est uni, tel un aplat de couleur primaire. Flamboyant et fascinant. Des coupes tout en souplesse, ondulant au rythme du corps de la femme. Un rouge lumineux où seuls les stries des plissés ou des applications raffinées viennent déposer des teintes ombrées. Un rouge qui se suffit à lui-même, par petite touche, seulement déposé sur une délicate bouche, venant ainsi rehausser le noir profond de certaines silhouettes. Un noir captivant, aux multiples reflets irisés. On dirait des œuvres de Pierre Soulages. Et le blanc apparaît. D’une infinie douceur couleur ivoire, parsemé ou intégralement recouvert de touches argentées.
 
 
Le corps devient paillette. Le corps devient couleur et la femme tour à tour mystérieuse, angélique et amoureuse. La beauté à l’état brut d’une silhouette qu’on souligne, embrassée par notre oeil. Une femme prête à l’envol à l’aide de tulles aériens. Des robes longues, à la manière d’une seconde peau, comme pour plus de confort. La femme et le vêtement ne font plus qu’un, liés par la couleur. Les bijoux sont discrets, la mise en beauté naturelle, les cheveux retombant délicatement sur les épaules de ces femmes sensuelles et souriantes, épanouies dans ces créations qui exacerbent leur confiance en soi. 
 
 
Ewa Gawkowska et Malgorzata Szczena créent ici une véritable ode à la féminité et à l’amour en choisissant le rouge comme symbole fort. Très poétique, ce défilé fut aussi l’occasion de faire appel à une inspiration florale, notamment avec la tulipe que l’on devine dans une robe plus courte. En ce lundi 1er juillet, la femme s’est métamorphosée sous nos yeux en un être ambivalent, empli d’amour, de mystère et de douceur. 
 
Visuels : ©Méphistophélès Productions
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Cloe Assire

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