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Vincent Maraval dénonce les salaires des acteurs

Vincent Maraval dénonce les salaires des acteurs

02 janvier 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Vincent Maraval est distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch, vendredi, dans Le Monde, il a signé une tribune incisive et sans concession sur les salaires exorbitants des acteurs français. Un coup de gueule qui fait grand bruit.

Wild Bunch est une usine à récompenses  : cinq Oscars pour « The Artist », de Michel Hazanavicius (Oscars, 2012), le prix du jury pour « La Part des anges », de Ken Loach ou le  Prix FIPRESCI pour « La Saveur de la pastèque », de Tsai Ming-liang (Berlinale, 2005), c’est lui.  Il semblerait que le monsieur soit légitime à donner son avis sur le monde du cinéma.

Dans une diatribe efficace, il pointe ce qui déraille : « L’année du cinéma français est un désastre », « la France détient le record du monde du coût moyen de production : 5,4 millions d’euros, alors que le coût moyen d’un film indépendant américain tourne autour de 3 millions d’euros ». On apprend ainsi que Dany Boon a touché « Un million pour quelques minutes dans Astérix ».

Le cas de la fuite Depardieu a fait couler beaucoup d’encre, entre mépris et admiration, cachant le désastre. Depardieu paie pour les autres, lui qui a tourné gratuitement dans Mammuth.

La tribune vire à la lettre de dénonciation, Vincent Maraval comparant les salaires américains aux salaires français. Le souci est celui d’un abus du système de l’intermittence. Le producteur propose une  « idée simple : limitons à 400 000 euros par acteur – et peut-être un peu plus pour un réalisateur -, assorti d’un intéressement obligatoire sur le succès du film, le montant des cachets qui qualifient un film dans les obligations légales d’investissement des chaînes de télévision. Qu’on laisse à Dany Boon un cachet de 10 millions d’euros, si telle est véritablement sa valeur marchande. Mais alors que ce soit en dehors de ces obligations. Et redonnons ainsi à notre système unique et envié sa vertu en éliminant ses vices. »

Les réactions n’ont pas tardé, la plus forte venant du  directeur de la Cinémathèque française, Serge Toubiana : « le raisonnement curieusement est court, limité. Certes, les films français sont trop chers. Le coût moyen d’un film (5,4 millions d’euros) devient exorbitant, mais cela n’est pas seulement dû aux cachets des acteurs. Pourquoi ne pas parler de celui des producteurs, par exemple des 10% d’imprévus qui pèsent sur chaque film, calculés sur la totalité du budget, salaires des acteurs inclus ? S’il y a inflation des prix, elle se répartit logiquement sur tous les postes de production des films. » Il craint que ce texte ne mette une épine dans le pied de la machine cinéma.

Elles raisonnent aussi du côté du statut des intermittents dont on craint la remise en cause.  Dans son Rapport public annuel 2012 – février 2012, La cour des comptes rappelait  que « le déficit du régime a représenté un tiers de celui de l’assurance chômage dans son ensemble, alors même que les intermittents ne représentaient que 3% des demandeurs d’emploi en fin d’année», le même rapport pointe que « entre 8 et 10% des indemnités n’ont jamais été perçues, soit plus de 16 millions d’euros par an ». Le rapport pointe « Des règles d’indemnisation très favorables au regard du droit commun de l’assurance chômage ».  Le statut est en proie aux fraudes et aux abus, laissant les plus petits sur le carreau.

D’après France Info, «la convention sur le régime d’indemnisation chômage des artistes et techniciens du spectacle, celle qui avait entraîné la paralysie des festivals pendant l’été 2003, doit en effet être renégociée en 2013».

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

3 thoughts on “Vincent Maraval dénonce les salaires des acteurs”

Commentaire(s)

  • LEDERMANN

    On s’en prend actuellement aux acteurs qui soit disant gagnent beaucoup trop!! que dire alors de nos « chers » footballeurs!!!! ils n’ont pas un salaire indescent eux

    janvier 6, 2013 at 20 h 14 min

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